Temples vs Tame Impala : De toutes façons, le deux sont nuls !

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Été 2015, le nouvel album de Tame Impala est dans les bacs. La hype était immense, tout le monde criait au génie. Sauf moi, caché derrière mon blog. Aucune émotion, aucune sensation en écoutant ce disque. Alors, j’ai eu peur. Peur de passer à côté d’un groupe énorme, d’un album marquant. Peur de laisser mes aprioris sur le groupe m’empêcher de savourer ce délicieux breuvage. Ça va bientôt faire deux ans que je me force à écouter Currents de temps en temps, histoire de voir si mon avis n’a pas changé. Ça va bientôt faire deux ans que mon constat est le même : c’est nul (admirez le niveau de cette analyse). Alors quand le groupe anglais Temples sort récemment un album totalement pompé sur du Tame Impala, je bouillonne.

Bon alors je fais exprès de parler comme un bébé pour heurter vos petits cœurs sensibles. Car oui, je ne connais pas grand monde qui est d’accord avec ce que je pense. Il n’est pas question d’écrire ici un discours du type : « J’ai raison, vous avez tort ». Ça n’aurait pas grand intérêt. L’idée est vraiment d’écrire noir sur blanc ce qui me dérange dans ces deux groupes. Vous allez voir, ce n’est pas forcement la musique qui me pose problème.

« Dans deux mois en s’en souviendra plus… » – à l’époque j’étais visionnaire à propos de Tame Impala.

C’est si rétro que ça ?

C’est l’un des premier argument que tout bon fan de Tame Impala et/ou de Temples utilise pour montrer à la face du monde le génie de ses petits protégés. Personnellement, j’ai du mal à le comprendre. La musique des deux groupes, bien qu’ayant certaines différences, me semble assez moderne. Les seules inspirations rétro que j’entends viennent peut-être du rock progressif anglais des 70’s, mais rien de bien transcendant. MGMT, Beach House et les Midnight Juggernauts semblent avoir une plus grande influence sur les compositions des deux groupes. J’ai d’ailleurs plus tendance à croire que Temples et Tame Impala ont d’avantage été influencés par la musique électro/pop des années 2010. Finalement, jouer sur des vieilles guitares et des vieux synthétiseurs ne rend pas leur musique spécialement rétro. Faire de la musique psychédélique n’a rien de rétro non plus. Écoutez des lives à Woodstock ou Sgt Pepper des Beatles et vous vous rendrez très vite compte que ça n’a rien à voir !

« Oui mais justement, la force de ces deux groupes c’est leur aptitude à faire du neuf avec du vieux », si vous tenez ce discours je suis absolument d’accord avec vous. Mais n’oublions pas que c’est ce que font tous les groupes de la Terre. ! Ré-interpréter, s’inspirer, copier, un musicien rendre un hommage permanent à ses pairs. Childish Gambino a récemment pompé tout le répertoire funk/soul américain pour Awaken, My Love, Carpenter Brut est une version testostéronée de la musique de John Carpenter, Ty Segall est en plein revival garage et la planète entière est culturellement retournée dans les années 80. L’argument rétro n’ajoute donc pas de valeur aux deux groupes concernés aujourd’hui. Du moins, ça ne fait pas d’eux des exceptions.

En plus, ils ont des têtes à claque. (mais bon, ça ne compte pas vraiment)

Soporifique.

Volcano (Temples) et Currents (Tame Impala) ont tous les deux le même problème : on s’ennuie vite. Pourtant, les deux albums commencent très bien. « Certainty » (Temples) est un tube imparable tandis que « Let it Happen » (Tame Impala) est un petit bijou, malgré l’aspect DJ handicapé de Kevin Parker sur la fin du morceau. Les deux groupes savent faire de très bons morceaux. Des albums par contre…

Les deux albums sont d’interminables tunnels d’ennui. Il y a quelques sursauts par-ci par-là (« The Less I Know The Better » sur Currents), mais les deux disques n’ont plus grand choses à proposer à partir du quatrième morceau. Les albums se laissent mourir dans l’indifférence totale jusqu’au dernier titre.

Heureusement, Kevin Parker possède un charisme assez magnétique.

Mauvaise foi ?

Bon allez, j’enlève mon masque de serial killer. En réalité j’aime bien ces deux albums, ils ont leurs défauts, mais ils restent au dessus de la moyenne tout en réussissant à se démarquer grâce des compositions imparables. Ce qui me dérange avec ces deux groupes, c’est vous ! Vous qui en faites des caisses alors que d’autres groupes ont fait la même chose en mieux il y a moins de dix ans et que d’autres sont actuellement en train de le faire. Je pense à Pond, Beach House, MetronomyMorgan Delt, Midnight Juggernauts et même MGMT. Il semble y avoir un effrayant consensus autour de ces deux groupes, Tame Impala en particulier. C’est là que vous êtes forts, car à cause de vous je trouve Tame Impala cool, alors qu’au fond j’ai des grosses réserves. Vous êtes les meilleurs marketeux du monde.

Bien évidemment, ce réquisitoire maladroit ne reflète que mon avis personnel ainsi que ma frustration. La frustration de ne pas réussir à aimer une musique qui semble pourtant faire l’unanimité. Pourtant je suis bon public et souvent (trop) tolérant sur la musique. Étrangement, Tame Impala et Temples ne passent pas mon crash test de bisounours. Si vous êtes dans le même cas que moi, n’ayez pas peur de ne pas briller en société et assumez vos goûts. Si vous adorez Tame Impala et Temples, n’hésitez pas à m’envoyer vos menaces de mort.

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