St Vincent – MASSEDUCTION

Annie Clark, alias St Vincent, est de retour avec un cinquième album haut en couleurs. La géniale musicienne nord américaine nous avait habitué à son irrésistible grain de folie sur son album éponyme en 2014. Bien que très créative et caméléon depuis le début de sa carrière en 2007, Annie Clark se mue de plus en plus une sorte de créature exubérante, sensible et amoureuse. En plus de tout ses glorieux qualificatifs nous pouvons ajouter que la musicienne est extrêmement généreuse dans ses compositions. Sorte de Willy Wonka au féminin, St Vincent est un symbole de bizarrerie créative cohabitant avec une sensibilité à fleur de peau. Son esthétique très arty new-yorkaise donne peut-être envie à certains de briser des nuques, mais impossible d’ignorer l’effort artistique qui se cache derrière le personnage. De quoi faire de MASSEDUCTION un album attendu. Flash info : on est pas déçu !

Le vinyle est rose putain !

Prince est mort ? Bowie aussi ?!

En avril 2016, la nouvelle de la mort de Prince à été assez difficile à avaler pour beaucoup de mélomanes. Et vous savez quoi ? Au lieu de m’écouter sa discographie en guise de commémoration, je me suis replongé dans celle de St Vincent. Dans son esthétique, sa weirdness, ses arrangements et son jeu de guitare, Annie Clark semble être la digne descendante du Kid de Minneapolis. Une artiste libre, folle et sans concessions ! Bien évidemment, il ne s’agit pas d’un simple copié collé.

Annie Clark a son truc à elle. Sa voix fragile sait s’énerver de temps en temps. Tout comme sa guitare, son instrument fétiche. Guitariste atypique, elle crée son propre style de jeu : déstructuré et accrocheur. De quoi lui permettre une liberté assez folle dans ses compositions. Une liberté qui se confirme tout au long de ce cinquième album. Très électronique, presque factice, MASSEDUCTION est un étrange objet musical entre pop efficace et délire contemporain. L’excellent, mais bien trop court, « Fear The Futur » est un exemple de pépite survitaminée qui représente parfaitement l’idée qui semble se cacher derrière cet album. Une esthétique léchée, de l’amour et de l’angoisse inavouée.

La combi panthère c’est chaud quand même.

Lyrique, pop, cinématographique…

MASSEDUCTION est l’un des meilleurs albums de St Vincent. Efficace et envoûtant, il nous embarque immédiatement dans son délire. Par delà certaines compositions transpirant d’une liberté créatrice exacerbée, en plus d’être de très bonne facture. (« Young Lover », « Sugarboy », « Los Ageles ») l’album est aussi très délicat. « Dancing With a Ghost/Slow Disco » sont deux morceaux complémentaires, lyriques et simplement magnifiques. St Vincent sort littéralement les violons afin de créer un moment presque intime. Elle chante également cette morose sensation de perte de l’autre dans l’incroyable « New York » qui à de quoi faire hérisser les poils (si vous en avez).

L’album passe à toute vitesse et s’écoute en boucle. Fascinante, talentueuse et émouvante, Annie Clark met les points sur les i et s’impose comme une étrange pop star. MASSEDUCTION ne connait pas de moments creux ou de passages à vide. Tubes pop et chansons plus intimistes se mélangent sans jamais créer d’incohérence. Annie Clark réconcilie la musique pop (au sens populaire, accrocheuse et dansante) avec une esthétique musicale empruntant à ses idoles. De Bowie à Reznor, de Prince à David Byrne.

La note : 

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