Radiohead – A Moon Shaped Pool

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Dimanche premier mai, en fin de journée, Radiohead s’évapore du web. Leur site internet vire à la page blanche tout comme leurs réseaux sociaux. C’est officiel, il se passe quelque chose. Le neuvième album du groupe britannique commence à pointer le bout de son nez. La semaine suivante deux nouveaux morceaux sont disponibles : « Burn The Witch » et « Daydreaming ». C’est l’heure du grand retour pour l’un des groupes les plus respectables de ces vingt dernières années. C’est finalement le 8 mai que A Moon Shaped Pool débarque (sortie physique mi-juin). Ne le cherchez pas sur Spotify, Thom Yorke est assez en colère contre leur politique de financement des artistes. Bref, avec tout le mic-mac médiatique qui va avec, le nouveau Radiohead est enfin là.

La larmichette. 

Radiohead a toujours su nous tirer les larmes des yeux et A Moon Shaped Pool en est maître en la matière. Probablement l’album le plus sensible et délicat du quintet d’Oxford, A Moon Shaped Pool contient des morceaux absolument bouleversants. « Daydreaming », magnifiquement mis en image par Paul Thomas Anderson, consiste en un longue balade semblant résumer la carrière du groupe, entre désespérance et mélancolie. La musique de Radiohead n’a jamais été aussi belle et fragile. « True Love Waits », morceau qui traîne depuis 1995 dans le répertoire du groupe, vient clore l’album sur une note de délivrance. Cet amour impossible, qui pourrait très vite devenir gnangnan, se transforme en une fable romantique incroyablement touchante, maniée de main de maître par les textes de Thom Yoke (« I’m not living, I’m just killing time »). Des émotions brutes, sans fioritures qui prennent aux tripes !

L’effet Jonny Greenwood. 

Après ses aventures en tant que chef d’orchestre pour les bandes originales des films de Paul Thomas Anderson (encore lui), Jonny Greenwood vient ajouter cette expérience dans la musique de Radiohead. L’orchestre contemporain de Londres vient en effet enrichir les compositions du groupe sur l’excellent « Burn The Witch », un morceau rock joué avec des violons (si si je vous jure). Cette orchestration vient également sublimer « The Numbers » (morceau déjà joué en live par Thom Yorke), pour délivrer un final tout en retenue et pourtant absolument jubilatoire. Cette même retenue qui caractérise si bien A Moon Shaped Pool, construisant ses histoires avec finesse et délicatesse. Des boucles de piano viennent faire office de fil rouge sur tout le long du disque, accentuant encore plus cet aspect contemporain. Néanmoins, ce disque n’a rien d’une musique difficile d’accès destinée aux plus mélomanes des mélomanes. Non, ce disque est une déclaration d’amour aux « chansons », celles qui racontent des choses, qui nous chamboulent et qui nous touchent.

Radiohead détient la recette secrète pour dialoguer avec nos âmes. Le groupe touche encore une fois les sommets et inscrit de plus en plus sa légende dans la longue et belle histoire de la musique. Et si A Moon Shaped Pool devait être le dernier album de Radiohead, ça serait le plus beau des départs. On espère évidemment que le groupe en a encore sous le pied pour nous étonner tant leur carrière est surprenante. Ce nouvel album va très probablement nous absorber un long moment dans un tourbillon d’émotions frissonnantes.

La Note:

5

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