Queens of The Stone Age – Villains

Queens of The Stone Age nous avait laissé en 2013 avec le sublime …Like Clockwork. Un album qui faisait la part belle aux zones sombres de l’esprit de Josh Homme, leader du groupe et qui foisonnait de guest tels que Trent Reznor, Dave Grohl, Elthon John ou Jon Theodore. Ce dernier fait désormais partie du line-up officiel du groupe et occupe les fûts sur Villains, le nouvel album du groupe. Mais c’est pas la plus grosse info.

Villains est produit par Mark Ronson ! Oui, le mec derrière le Rehab de Amy Winehouse et le Uptown Funk de Bruno Mars. Autrement dit, un mec connu pour produire des tubes à la pelle avec une énervante arrogance. Ronson n’est pourtant pas tombé dans le nid des Queens par hasard. Fan du groupe de longue date, cette reprise de I Sat By The Ocean faisant foi, sa collaboration auprès des nos reines préférées semble s’être fait totalement naturellement. Josh Homme, capitaine du navire, a besoin d’aller de l’avant et affirme que Villains a pour volonté de (re)faire du rock dansant, entraînant et endiablé. Ronson semble donc être l’homme de la situation. Avouons le, c’est agréable de voir un groupe aussi expérimenté ouvrir son processus créatif avec d’autres artistes. Josh Homme confirme également que Mark Ronson est le sixième membre du groupe sur cet album.

Monsieur l’arbitre ! Changement !

Premier constat, malgré les craintes de certains fans après l’annonce de Ronson à la production, ce nouvel album n’a rien de dépaysant pour les fans du groupe. Ça ressemble à du Queens of The Stone Age, ça sonne comme du Queens of The Stone Age et pourtant on a la sensation d’écouter tout autre chose. Le rock sévèrement burné, ayant quitté le groupe avec …Like Clockwork, est quasiment absent sur Villains. Rockabilly sulfureux avec « The Way You Used To Do » et punk acharné avec « Head Like A Haunted House », les guitares sont plus nasillardes et criardes qu’autrefois. Ce qui n’est pas un défaut.

La petite nouveauté de ce disque réside dans les multiples apparitions de synthétiseurs. Sans jamais en abuser, les Queens of The Stone Age utilisent l’instrument afin d’ajouter tout un tas de détails dans la production de ses morceaux. Ce synthétiseur qui fait de « Fortress » l’un des titres les plus marquants de l’album. Lyrique, intelligent et sensible, il met en avant l’inimitable talent de Josh Homme pour les compositions sous tension. Un talent qui est à son zénith sur « Villains of Circumstances », sorte de ballade gothique qui s’illumine petit à petit. De quoi clore le disque sur une charge émotionnelle très forte. La production de Mark Ronson est remarquable, le texte est fort et la voix de Josh Homme est touchante, comme rarement elle l’a été.

Josh Homme superstar.

Villains est l’album de Josh Homme. Pour ne pas dire un album solo. Leader du groupe non dissimulé depuis les débuts du groupe, il avait tout de même tendance à s’entourer de stars du rock (et d’amis) sur ses disques. Cette fois-ci, aucun guest n’est présent sur l’album, si ce n’est Mark Ronson. Bien que les autres membres du groupe soit tous au top – mais vraiment tous – la personnalité de Josh Homme prend largement le dessus. Il est quand même sur la pochette de l’album, une première dans l’histoire du groupe. Homme semble se livrer et se lâcher dans une orgie de mélodies entêtantes mêlant riffs alambiqués et rythmes imperturbables.

Ses textes, qui ont toujours été très bons, n’ont jamais été aussi travaillés et prennent de l’ampleur en ayant connaissance de quelques détails de la vie personnelle du bonhomme. Son étroite expérience avec la mort, la drogue et l’alcool lui permet de faire parler son expérience au travers de paroles percutantes. Les sujets abordés sont sombres, ce qui est parfois en décalage avec une musique plus enjouée. Un contraste qui lui permet peut-être de semer le trouble sur le ressenti de ses expériences. On entre alors dans un univers fascinant et magnifiquement mis en image par les travaux graphiques de l’artiste Boneface.

Ce nouvel opus amène sans conteste un vent de fraîcheur dans la musique des Queens of The Stone Age. On pourrait presque parler d’un des disques rock les plus audacieux du moment. Il est de plus en plus rare d’écouter un disque de musique rock aussi généreux et varié. Villains se paye même le luxe d’être de plus en plus addictif au fil des écoutes. Ce qui est la marque de tous les grands albums. La première écoute est déboussolante, la deuxième est intrigante et la troisième est passionnante.

La Note : 

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