Pond – The Weather

Deux ans après l’explosif Man It Feels Like Space Again, le psychédélisme sans vergogne des australiens de Pond est de retour. The Weather est d’ailleurs à deux doigts d’être un réel chef d’oeuvre. C’est déjà le septième opus depuis 2009 pour la bande de Nick Allbrook et Jay Watson, qui signent tout deux la plupart des compositions du disque. Pond et Tame Impala étant des groupes consanguins, c’est sans surprise que l’on retrouve Kevin Parker à la production. Ancien batteur du groupe et désormais leur producteur attitré, la pâte du leader de Tame Impala se fait clairement ressentir, peut être un peu trop…

Un début sur les chapeaux de roues

Avant d’aborder les choses qui fâchent, rendons gloire aux deux premiers titres de l’album qui sont deux grands moments de musique. C’est le vertigineux « 3000 Megatons » qui a l’honneur d’ouvrir ce septième album. Un titre que l’on n’est pas prêts d’oublier de si tôt. Cette mémorable montée en puissance et le chant habité de Nick Allbrook ont de quoi faire rougir les plus grands. Ce titre d’ouverture est en quelque sorte le meilleur morceau de David Bowie qui n’est pas de lui.

S’enchaîne le spatial et très catchy « Sweep Me Off My Feet« . Très Tame Impala dans l’âme, il a tout de le même le mérite d’apporter un peu de folie à une recette qui a malheureusement tendance à être mollassonne. Pond parvient tout de même à se démarquer de son grand frère spirituel grâce à cette pointe de démence dont ils ont le secret. Nappe de synthétiseurs, guitares saturées à outrance, reverb, écho et phaser dans tous les sens. La recette de Tame Impala est uprgradée à la sauce piquante. Pond possède également un très précis sens des mélodies. « The Weather » et « Paint Me Silver » en sont d’indéniables preuves. Un mélange folie/finesse qui se matérialise en plein milieu de l’album avec « A/B », étonnant patchwork des deux facettes du groupe.

Parlons des choses qui fâchent. 

Avant d’aller plus loin, n’oubliez pas que Tame Impala ne fait pas un tabac sur ce blog. Brosser Kevin Parker dans le sens du poil n’est pas le genre de la maison. Âmes sensibles et personnes susceptibles seront priées de quitter cette page immédiatement ou alors de respecter mon opinion.

Kevin Parker, 31 ans, est appelé sur le banc des accusés. Monsieur Parker, n’avez-vous donc aucun remord à prendre toute la place dans les projets de vos copains ? De subitement brider leur talent ? Vous avez pourtant été impeccables sur l’album précédent. Cette fois-ci vous êtes un peu trop envahissants. Votre talent est indéniable, quoi que surévalué, mais impossible de ne pas avoir le sentiment que votre univers déborde trop sur celui de Pond. Vos musiques sont très proches, c’est un fait, mais Pond est un groupe qui mérite de verser plus de gouttes de sueur sur ce dernier album. Monsieur Parker, sans objectivité aucune, je vous accuse.

Peut-être est-ce une immense erreur de s’en prendre à ce pauvre Kevin Parker. Au final ce n’est que le producteur du disque. Bien que son rôle soit très important sur la couleur que va prendre le disque, il est important de se poser cette question : Pond ne serait-il pas tout simplement en train de changer ? The Weather est un très bon album, certains passages sont fabuleux et marquants tandis que d’autres tombent dans l’oubli le plus total. Le milieu de l’album connaît un passage à vide assez traumatisant. Dans tous les cas, Pond reste un groupe bien plus intéressant et surprenant que Tame Impala. Mais attention à ne pas trop vouloir jouer sur le même terrain vague, ils risquent de s’y perdre.

La Note : 

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