Omar Rodríguez-López – Cuvée 2017 : il remet le couvert.

On n’arrête plus Omar Rodríguez-López. Après douze albums de Juillet à Décembre 2016, le guitariste d’At The Drive-in continue dans sa folle lancée avec 12 nouveaux albums ! Du pain béni pour les fans, une curiosité pour les novices et du grand n’importe quoi pour les fans de Tool.

Si vous ne savez toujours pas qui est Omar Rodríguez-López, c’est que vous ne lisez pas assez ce blog. Mais pas d’inquiétude, j’ai toujours une petite description du bonhomme dans ma poche. En quelques mots : Omar est un artiste latino-américain hyper productif. Guitariste chez At The Drive-In, les Mars Volta et Bosnian Rainbows, le musicien accumule les projets. Outre le fait d’être un des guitaristes le plus génial de sa génération, Rodríguez-López est un compositeur étonnant et ne pose pas de limites à ses créations. Plus d’une trentaine d’albums solo derrière lui, des collaborations et des groupes à ne plus savoir quoi en faire, Omar Rodríguez-López passionne par sa générosité et sa passion. Si l’envie vous prend d’en savoir plus sur son impressionnante carrière, n’hésitez pas à regarder cette vidéo et cette grosse rétrospective !

Le début d’une nouvelle aventure !

Pour ces douze nouveaux albums, la recette éditoriale va être un poil différente que lors de la précédente cuvée. Cette fois-ci, pas de critique complète pour chaque album mais simplement quelques mots à propos de mon sentiment sur chaque nouvelle pièce du nouveau puzzle musical de Rodríguez-López. Une recette moins lourde, avec plus de peps. Allez, en avant Guingamp !


A Lovejoy

Un album fourre tout où l’on retrouve de nombreuses expériences sonores parfois réussies (« Un Recuerdo ») et parfois totalement ratées (« I Bet He’d Like That »). Omar s’occupe toujours du chant et c’est une fois de plus Teri Gender Bender qui assure les chœurs. « Nobodies » semble être tombé du nid tant ses aspérités pop viennent chambouler ce disque expérimental. Un morceau qui vient tout de même rafraîchir notre écoute. De quoi donner des instants plus légers à nos oreilles qui sont assez sollicitées sur cet album. Malheureusement, la production laisse à désirer. A Lovejoy se termine tout de même en beauté avec un immense moment d’improvisation qui vient récompenser les puristes. Ce premier album est fourre-tout et n’arrive pas à créer une identité singulière. L’aspect fond de tiroir se ressent beaucoup trop et vient perturber l’écoute.

La note : Bac à sable/20
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Roman Lips ♥

On n’attendait pas une bombe pareille ! Rodríguez-López va droit au but et compose des morceaux courts et efficaces. Épaulé d’un Deantoni Parks toujours au top à la batterie, Omar remet sa guitare sur le devant de la scène, à l’image d’un morceau de clôture jouissif : « Fishtank ». Mais la vraie star de Roman Lips est bel et bien le duo basse/batterie, qui vient cimenter les articulations pop du génie d’El Paso. Rodríguez-López se laisse glisser entre plusieurs genres. Passant de morceaux pop/rock efficaces (« Don’t Fight Back », « An Informal Youth ») aux titres quasiment synthwave (« Still Nobodies »). Les bizarreries habituelle viennent se heurter à une musique plus accrocheuse. Un équilibre qui fonctionne parfaitement et qui fait de Roman Lips l’un des meilleurs albums d’Omar Rodríguez-López depuis le début de sa course haletante aux albums. Roman Lips est d’ailleurs un très bon disque pour commencer à écouter du Rodríguez-López. C’est efficace, beau et intelligent tout en représentant avec précision la singularité de la musique du guitariste chevelu.

La note : Méga cool/20
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Zen Thrills

Difficile de passer derrière l’excellent Roman Lips. Omar ne se démonte pas et attaque ce troisième album avec l’un de ses meilleurs morceaux depuis un bon bout de temps : « Burning Those Bridges ». Très Bosnian Rainbows dans l’âme, ce titre possède une production aux petits oignons. De quoi mettre en avant les exercices vocaux atypiques de Teri Gender Bender. « Nowhere Slides » vaut également le détour avec un riff de guitare imparable et un Deantoni Parks toujours aussi en forme derrière ses fûts. Zen Thrills pourrait ressembler à un deuxième album de Bosnian Rainbows, mais sa deuxième moité, plus expérimentale, nous ferait mentir. Chaleureusement bien en dessous du reste, cet aspect plus psychédélique semble combler le vide. Les morceaux sont ni surprenants, nu réussis. Dommage…

La note : mi-figue, mi-raisin/20
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Chocolate Tumor Hormone Parade 

Depuis le temps qu’on demande un live, le voilà enfin entre nos main ! Chocolate Tumor Hormane Parade compile donc plusieurs morceaux live datant de la période créative la plus récente du musicien porto-ricain. Autant dire qu’on aurait voulu assister à ces concerts. L’énergie développée par Omar Rodríguez-López est absolument folle et ses solos de guitare sont dingues. On regrette tout de même l’époque où Ximena Sariñana s’occupait du chant, car la voix d’Omar a du mal à soutenir les morceaux comme il se doit. Néanmoins, l’apprenti chanteur se donne à 3000% et réussi rapidement à nous embarquer dans son délire. Les morceaux gagnent en énergie dans leur version live. L’ambiance du concert à l’air totalement folle, même si le public sonne étrangement faux. Omar aurait-il triché ? Impossible de savoir. Dans tous les cas, cet album confirme que le guitariste garde la pêche en live. On attend désespérément une date en France…

La note : Live/20
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Ensayo De Un Desaparecido 

Sans grande cohérence, Ensayo De Un Desaparecido ne possède pas une thématique particulière ou un univers musical spécifique. Pourtant c’est un très bon album ! « Nubes Sin Agua », « Desos Para Quemar », « Recuerdos » ou encore « Nocturna Luz » s’approchent de l’excellence. On retrouve même ce frisson qu’avait su insuffler le guitariste avec les Mars Volta. Seul l’utilisation d’un piano type saloon du far west semble créer du lien entre chaque morceau. Un instrument qui n’est pas le favori de Rodríguez-López. Son truc à lui c’est la guitare. Elle n’est d’ailleurs pas en reste sur cet album. Bien que bordélique, Ensayo De Un Desaparecido est l’un des plus beaux disques de la carrière solo de Omar Rodríguez-López.

La note : DU TUBE/20
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Azul, Mis Dientes

Ce sixième album démontre les limites d’un tel projet. Autant d’albums en si peu de temps : ça n’a pas de sens. Azul, Mis Dientes est un album bouche trou. Ça sent le fond de tiroir à plein nez. La moitié des morceaux sont mixés avec le cul quand ils ne sont pas tout simplement mauvais. Omar et Teri Gender Bender font mumuse sans réellement se se demander si quelqu’un est intéressé par ce qu’ils sont en train de faire. Peut-être que l’album prendrait plus d’ampleur s’il bénéficiait d’une meilleure production. Mais ce n’est pas le cas. Rien de bien exaltant à se mettre sous la dent. Suivant !

La note : Méga Bordel/20
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Gorilla Preacher Cartel

Attention, un titre enregistré pour les Mars Volta se trouve dans cet album. Si ce n’est pas le cas, la ressemblance est à s’y méprendre. « Lección en Ignoracia » à tous les symptômes des compositions du duo Rodriguez/Zavala. Il est long, il est prog à souhait et fait tourner la tête. Dommage qu’Omar n’ait pas les capacités vocales de Cedric Bixler Zavala car ce titre aurait pu être encore plus explosif. L’album ? Il est pas trop mal. Pas génial, mais pas trop dégeu. Gros big up pour « Spanish Castles » qui saura rappeler aux fans le cultissime « Deus Ex Machina » qui se trouvait sur le premier album solo du guitariste.

La note : pas mémorable/20
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Killing Tingled Lifting Retreats 

Bêê ! Qu’est-ce qu’on se marre. Omar nous fait une petite crise de génie. C’est pour ça qu’on l’aime. On plonge en plein rock indé 90’s, un pur bonheur. Certains morceaux tels que « Tickle Tumor » et « Bow Down Again/Or Make War » sont très inspirés et montrent une nouvelle facette de la musique de Rodríguez-López. Ce qui confirme un fois de plus que ce musicien est capable de toucher à tous les genres sans jamais copier qui que ce soit. Il adapte son univers en permanence. Brisant presque les frontières de la musique pour entrer directement dans la psyché du bonhomme. Un régal.

La note : Authentique/20

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Solid States Mercenaries

Le compositeur n’a pas tardé à reprendre ces bizarreries. Solid States Mercenaries est un disque très étrange mais pas désagréable. Bon la production est une fois de plus aux fraises (on commence à les repérer ces fameux albums bouche trou). Ça fourmille d’idées sans jamais réussir à les concrétiser. On a clairement à faire à une série de démos, de morceaux pas finis. Un album quelconque. On sent qu’on arrive sur la fin du marathon. Le génie de El Paso n’a plus grand chose à proposer.

La note : laboratoire/20
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Birth Of A Ghost 

Qu’est ce qui se passe ?! Qu’ouï-je ? De la musique orchestrale ? C’est la cerise sur le gâteau de l’étonnement. Là où on pensait que Rodríguez-López n’avait plus rien à proposer d’intéressant, qu’il avait écumé bien trop de genres musicaux, le gars nous regarde droit dans les yeux avec son orchestre derrière lui, prêt à découdre ! Le plus dingue dans toute cette histoire c’est que l’album est vachement bien ! « A Good Kind Of Blue » donne des frissons et allège les cœurs tandis que « Thoughts and Ashes » clôt cette série d’albums majestueusement. Birth Of A Ghost est un des albums les plus importants de la carrière de l’artiste. Il prouve à lui tout seul que Omar Rodríguez-López est bien plus qu’un guitariste de grand talent, c’est un compositeur de génie !

La note : Orchestre/20

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