Muse - Drones - Madafaka

Muse – Drones

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Muse. En voilà un groupe qui fait jaser. Un début de carrière fulgurant puis la folie des grandeurs depuis quelques années, le trio britannique passionne et énerve. Les fans ont bondi dans tous les sens après l’annonce de Drones, un nouvel album censé revenir vers les sonorités des premiers albums du groupe. Pour retrouver la touche heavy qu’ils avaient perdu, Muse engage Robert Lange à la production. Fort de son travail avec AC/DC, le producteur britannique est bien placé pour parler rock. Quoi que plutôt étonnant, ce choix est peut être la meilleure nouvelle pour ceux qui souhaite arrêter Matt Bellamy dans ses folies mégalomaniaques et grandiloquentes. Muse promet donc un retour aux sources, un album moins pompeux, plus simple, plus vrai. C’est mal connaitre Mister Bellamy.

Here Comes The Drones

Le groupe ne nous a pas totalement menti. Les guitares, et l’énergie qui va avec, sont ressorties du placard et Bellamy rappelle à tout le monde qu’il est un guitariste hors pair. « Reapers » est une démonstration technique ainsi qu’un morceau très travaillé. C’est simple, le groupe n’avait pas sorti quelque chose d’aussi bien depuis « Knights Of Cydonia » sur Black Hole and Revelations. « Psycho » et « The Handler » possèdent également de bon riffs et sont tout deux de bonne facture. Mais voilà, de bons riffs ne font pas forcement de bons morceaux (Surtout quand ils ressemblent tous à ceux de Tom Morello). « The Globalist » est annoncé par le groupe comme la suite directe du mythique « Citizen Erased » issu de Origin Of Symmetry. Alors qu’on m’explique car, je ne vois pas le rapport entre les deux morceaux. « The Globalist » est un mauvais morceau. L’intro est une reprise de « L’arena » de Morricone (si c’est pas le cas, c’est un magnifique plagiat). S’en suit un passage rock un peu inutile et pas très inspiré, quoi que le riff est cool. Finalement, le morceau se rétame en beauté avec un dernier acte gnangnan et inintéressant. Le seul rapport avec « Citizen Erased » se trouve dans l’utilisation d’une guitare sept cordes ainsi que dans le thème du nucléaire. C’est tout… Dommage, « The Globalist » était bien vendu par le groupe. Il ne suffit malheureusement pas de dire qu’on va faire comme avant, il s’agit simplement de le faire. C’est là qu’on se demande si Muse est capable de retrouver son originalité d’antan. La réponse est non. Non, car le groupe a vécu bien trop de choses depuis ces dernières années. Leurs vies ont changé et leur style de musique avec. Rien de grave avec ça. Je ne suis pas de ceux qui crache sur The Resistance et The 2nd Law. Le fait est que Drones ne parait pas être un album naturel pour le groupe. On a comme cette étrange sensation que le trio donne aux fans ce qu’ils veulent entendre, sans réelle conviction.

Un album au concept plutôt cool

Drones raconte l’histoire d’une lutte entre un homme et le contrôle des machines ainsi que des systèmes politiques. La première partie de l’album représente cet état de surveillance, d’oppression. Sentiment assez bien retranscrit par le groupe qui adopte des morceaux plus dur, plus rock, pour souligner la violence de cet état de perte de contrôle. C’est d’ailleurs dans cette partie que l’on retrouve les meilleurs morceaux de l’album. Le deuxième acte, représente quand à lui la délivrance et l’humanisation de l’homme qui décide de s’affranchir de tout dictât. Et là, patatra. Les morceaux deviennent chiants comme la pluie. À l’image de « Aftermath », les morceaux deviennent mielleux et très convenus. Malgré tout, le groupe arrive à surprendre avec le dernier morceau de cette épopée: « Drones ». Comment être plus ridicule ! Quasiment trois minutes de chant a cappella. A CAPPELLA ! Bellamy dépasse vraiment les bornes et s’engouffre de plus en plus dans un égocentrisme des plus pathétiques. Et l’album se termine sur un « Amen »… Il s’agit probablement d’un retournement de situation. L’homme se libère de l’oppression des systèmes de gouvernances et des machines pour tomber dans celle de la religion. Pourquoi pas, c’est un propos intéressant. Mais fallait-il forcement l’amener avec un morceau moyen âgeux, cliché et presque mal produit ?

Ça me fait vraiment de la peine de démonter cet album. J’aime ce groupe, je lui trouve de réelles qualités là où beaucoup y voient une musique pompeuse et peu recherchée. Certainement car j’ai grandi avec Origin Of Symmetry dans les oreilles. Que j’ai écouté Black Hole & Revelation pour la première fois, avec mon frangin, dans la twingo de ma mère, sur le parking du Hyper U pendant qu’elle y faisait ses courses. J’ai un très fort rapport affectif avec ce groupe. Les détracteurs diront que Muse est devenu trop populaire, trop commercial. Franchement, si c’est ça le mainstream, tant mieux. Tant mieux, que nos petites têtes blondes puissent écouter des solos de guitares un peu foufous et des morceaux aux thèmes plus développés que ceux de Nicki Minaj. Mais voilà, Drones est un peu décevant. La première partie de l’album est globalement bonne mais, la deuxième n’est pas vraiment inspirée. Le groupe aborde tout de même un thème intéressant, traité d’une façon un poil paranoïaque mais, cela permet de développer un axe narratif plus ou moins bien ficelé. Ce qui m’énerve le plus, c’est que le groupe s’est payé la tête de ses fans en leur promettant l’irréalisable. Drones n’est pourtant pas le pire album de Muse, « Reapers », « Psycho » et « The Handler » permettent au groupe de dépoussiérer ses riffs, ce qui promet de supers moments en live. Dommage que l’album semble ne pas être réalisé pour les bonnes raisons…

(Ah oui, j’aime bien « Dead Inside »…)

La Note: 

3

Le pourquoi du comment:

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