Mike Oldfield – Return To Ommadawn

Retour aux sources pour la légende du rock progressif : Mike Oldfield. Le multi-instrumentiste anglais fête son vingt-sixième opus avec Return To Ommadawn, un album qui fait suite au triple album Ommadawn sorti en 1975. Mike Oldfield revisite donc son passé et semble y être resté coincé. Pourtant, le musicien a tout fait pour se moderniser : enregistrement de l’album en 5.1 surround et gros matos d’enregistrement (tellement fier que le mec en fait le listing dans le livret du disque). Il ne faut pourtant se leurrer, Mike Oldfield a toujours eu du mal à moderniser sa musique et un enregistrement surround n’y changera rien. Oldfield sonnera toujours comme du Oldfield car c’est Mike Oldfield, pas besoin d’aller chercher plus loin. Et c’est pas grave, pas du tout même, c’est en tout cas pour ça que je l’aime.

Papy fait de la résistance.

Vous allez vous moquer, mais mon morceau préféré de la discographie de ce grand monsieur est, et restera, « Moonlight Shadow ». Un titre qui représente probablement ce qu’a pu faire de moins intéressant ce génie de composition. Néanmoins, j’ai énormément de plaisir à écouter ses albums plus alambiqués, quoi qu’il faut bien se l’avouer, la musique de Mike Oldfield reste mignonne (Tubular Bells mis à part bien évidemment).

Ce nouvel album, bien que musicalement très peu surprenant, prolonge l’univers et l’aventure que propose Mike Oldfield. Outre le côté mégalo/génie du gars qui joue absolument tous les instruments sur (22 au total), Return To Ommadawn est un album chargé en émotions. Faut-il un tant soit peu ne pas être rebuté par quelques vieilleries ainsi que par les instrumentations pleines de bravoure. L’écoute du disque donne l’impression de traverser une terre du milieu parachutée au fin fond de l’Asie. Un album road trip héroïque, le fan whore de Tolkien/metalleux puant la bière cheap jusqu’au bout de ses bouclettes indisciplinées en moins (c’était gratos).

Mike Oldfield à la plage

L’album pour jouer à World Of Warcraft. 

Comme tout album de rock progressif qui se respecte, Return To Ommadawn contient deux morceau de plus d’une vingtaine de minutes. Deux morceaux qui n’en font qu’un. Cette épopée est-elle si prog’ que ça ? Au final, ce disque est autant un grand melting pot de musique du monde, qu’un album de rock progressif. Seuls quelques rares passages viennent ponctuer la musique de guitares électriques et d’orgues. La majeure partie de Return To Ommadawn se compose de guitares acoustiques, de flûtes et tout un tas d’instruments bien trop exotiques pour que je puisse les connaitre. Le plus intéressant restant tout de même ce que je crois deviner être un tambour japonais (Taiko). Écouter du Mike Oldfield pour l’entendre jouer du tambour…

Vous la sentez cette tension depuis le début l’article ? La pression du mec qui n’ose pas dire du mal d’un artiste qu’il adore ? Lâchons les rennes ! C’est quoi cette production ? La qualité du son est très propre, pas de souci là-dessus. Il y a en revanche un gros problème sur le mix des guitares, qui sonnent à la limite du ridicule. Mike Oldfield n’utilise pas toutes les potentialités des moyens de productions qui lui sont offerts. Et ça c’est une faute grave pour un artiste pareil ! Oldfield reste dans sa zone de confort, bien au chaud. Return To  Ommadawn sent à plein nez l’album enregistré en chausson, avec un verre de thé bien chaud sur le bord de la table de mixage. Prend des risques Mike !

Qui suis-je pour donner des conseils à Mike Owly God Oldfield ? Je suis simplement un admirateur déçu de voir un énième artiste majeur craindre d’avancer et d’évoluer vers de nouvelles sonorités. Ça me vexe franchement car cette musique aurait tout à gagner à se balader hors des sentiers battus. Mais c’est plus fort que moi, j’aime cet album. Je l’aime car il me réconforte dans une vision du passé qui me plaît. Return To Ommadawn est un très bon album des années 70 enregistré en 2016 par un artiste de génie qui semble pétrifié à l’idée de faire évoluer son bébé. Malgré tout ça, le voyage reste beau. La musique laisse de la place à notre imaginaire et on s’invente alors tout un tas d’histoires épiques. Je plains tout de même ceux qui se lancent dans l’écoute de ce disque sans connaître l’oeuvre de Mike Oldfield…

La Note : 

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