Maria False – When

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On vous avait prévenu. 2015 est l’année des groupes garage/shoegaze français. Venera 4, Boca River et bientôt Future s’imposent par la force sonore et par des mélodies diablement savoureuses. Le collectif Nøthing n’est d’ailleurs jamais très loin. C’est pourquoi on retrouve les excellents Maria False sur le devant de la scène avec un nouvel album sobrement intitulé When. Ce groupe consanguin entre Dead, Venera 4, Future – et j’en passe – ne lésine pas sur la distorsion et sur les rythmes entêtants à la limite du chamanisme. Tout ça pour créer un impressionnant mur du son tout aussi supersonique que décapant.

Acharnement et Bourdonnement 

Je ne vais pas vous dire: « Ça ressemble vraiment à My Bloody Valentine, Jesus And Mary Chain et toute la smala ». D’une, car j’en ai marre de dire ça. De deux, car la comparaison est trop simple. Alors oui, il y a des morceaux qui font énormément penser à ceux que l’on retrouve sur Loveless (« Head » tout particulièrement). Que voulez vous, c’est le shoegaze qui veut ça. Tous les groupes de Rock’n’Roll font vite penser à Elvis Presley (le vrai, pas le mec tout bouffi qui se déguise) c’est pas pour autant qu’ils font un simple copier/coller. Malgré toutes ces ressemblances, Maria False arrive tout de même à se créer une identité forte. Des morceaux comme « Blossom » ou « Ribbon » font preuve d’un sens de la composition certes simple mais, accrocheur et sacrement efficace. Le chant, tout comme le déroulement des morceaux, fait d’ailleurs énormément penser à celui de Robert Levon Been des Black Rebel Motorcycle Club.

La lumière ténébreuse

When est un album vraiment décontenançant. Parfois sombre, parfois radieux et constamment bruyant, le groupe crée un malaise pernicieux des plus troublant. « Here » est un bon exemple de ce sentiment de vertige. Calme, assourdissant, apaisé et visiblement torturé, Maria False arrive à créer une atmosphère vraiment très particulière. Chacun ressentira cette musique différemment, tout dépendra de l’état d’esprit adopté durant l’écoute. Pour ma part, j’ai ressenti énormément de choses différentes tout au long des huit morceaux de l’album. De la joie, de l’excitation, de la mélancolie, des peines, de la peur, de l’angoisse…

Les quatre musiciens de Maria False s’imposent encore un peu plus comme les patrons du shoegaze français. Le groupe n’a aucune prétention et fait ce qu’il sait faire: faire du bruit, composer des mélodies, créer des émotions. Cette année se trouve sous le signe du shoegaze et c’est vraiment génial de voir ce style revenir en force dans l’hexagone tout comme à l’international (The Soft Moon, Nothing, A Place To Bury Strangers…). Il faut tout de même faire attention, une overdose de réverbération n’est pas impossible…

La Note: 

4

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