Mantra – Laniakea

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À la croisée des genres, Mantra débarque avec un nouvel album au concept ambitieux. Laniakea remonte le temps pour nous ramener aux origines de l’humanité. C’est donc au fond d’une grotte que nous emmène le groupe bretons/creusois pour leur deuxième album. Une ambiance qui colle parfaitement aux fresques metal et chamaniques du quatuor. Signé chez Finisterian Dead End, Mantra a mis le paquet au niveau de la production et de l’ambiance sonore. Arrêtons donc les présentations et découvrons ensemble la vaste vallée crépusculaire de Laniakea.

Un voyage spirituel

Laniakea est assez impressionnant pour un deuxième album. L’atmosphère créée par le groupe est aussi transcendante qu’un parcours initiatique au fond d’une forêt dense. La moiteur de cet environnement hostile se traduit dès l’ouverture de l’album avec « Dust », un titre qui nous lâche dans la nature afin de poser le cadre de ce voyage quasi-mystique. Un périple que « Marcasite » vient tout de suite durcir. On découvre alors la puissance du son de Mantra.

Une recette simple, mais diablement exécutée ! Une batterie omniprésente, des guitares naviguant entre vents et marrées ainsi qu’une basse robuste. Un lourd bloc de granite que vient tailler la voix de Pierre Junod, oscillant entre frénésie et mélancolie. Mantra n’a pas à rougir face aux mastodontes du métal progressif. Leurs compositions sont malines, à l’image de « Inner Cycle » qui monte en intensité avec minutie, tout en prenant tout un tas de chemins de traverse, pour finalement atteindre un climax dément, appuyé par l’excellent solo de guitare exécuté par Florian Riault du groupe rennais Red Dawn.

Ambiance Maynard James Keenan pendant les lives de Mantra.
Ambiance Maynard James Keenan pendant les lives de Mantra.

Le calme et la tempête.

Le son de Mantra n’est pas unilatéral. La diversité de leurs horizons musicaux viennent enrichir ce deuxième album. « In The Wake of The Millions » et « Visions » apportent un petit sentiment d’accalmie, un petit moment pour souffler et contempler les paysages encore vierges que nous dépeint le groupe avec une certaine mélancolie. Très inspiré du touché de David Gilmour, « In The Wake of The Millions » sonne comme un adieu au monde tribal et sauvage. L’album se conclu sur les vigoureuses étincelles de « Dead Sun » qui finissent par s’embraser dans un final post-rock du plus bel effet.

Laniakea est une réussite totale. Mantra a réussi à mettre en musique un univers foisonnant. Les artworks viennent également enrichir l’oeuvre du groupe, en faisant une oeuvre complète et cohérente. Le quatuor a réussi à concrétiser ses ambitions et accouche d’un album d’une qualité rare, précieuse. Telle la fratrie Duplantier, les deux frangins de Mantra (Pierre au chant et Gabriel à la batterie) font du métal une histoire de famille. De quoi avoir de bonnes bases pour continuer de proposer des voyages philosophiques maîtrisés avec classe.

La Note:

5

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