La Secte Du Futur vient de casser le game du rock français.

On va pas y aller par quatre chemins : La Secte Du Futur vient de sortir un album important pour le rock français. Un disque qui prouve qu’avec trois bouts de ficelle que l’on peut traverser un univers riche et dépaysant, que l’on peut affranchir le rock garage de ses redondances et que l’on peut faire rimer sauvage avec voyage.

Troisième opus de la formation parisienne, Wounded Princes s’inscrit dans une vague post-punk/garage/médievalo-fantastique. Ne prenez pas peur par le côté médiéval, loin sont les Jacquouilles et les gueuses. La Secte Du Futur nous plonge dans un moyen-âge qui aurait vu arriver quelques soucoupes extra-terrestres au milieu de ses châteaux-forts. Un truc assez inédit finalement.

Apparemment, le disque vient clore une trilogie que le groupe avait ouvert avec son premier album en 2012. Esthétiquement et musicalement, je n’arrive pas vraiment à trouver un fil directeur entre les trois albums du groupe. D’autant plus que ce dernier disque s’écoute parfaitement dans son coin. Le pire c’est qu’il est apparement prêt depuis 2016. Il aura fallu 2 ans pour que le groupe trouve un label pour les accompagner. Third Coming Records ont eut le nez fin car l’album est assez incroyable.

Sous le charme.

Wounded Princes est un album puissant et mélodieux. La production met en valeur l’aspect épique des compositions. Guitares et synthétiseurs forment un nappe brutale et parfois douce. L’impact de la batterie vient cimenter le tout, de quoi forger un son robuste et pourtant sensiblement fragile et désespéré. Comme un cri de guerre puissant mais apeuré. En tout cas, il ne faut pas bien longtemps pour se faire embrigader dans cette secte merveilleuse.

Après une introduction d’album très prenante, le décor quasi-apocalyptique du disque se dévoile sous nos yeux avec l’inoubliable « Reset Memories ». Un titre évocateur qui nous ferait presque croire que le groupe essaye de passer un message : oubliez tout ce que vous connaissez de notre musique et préparez-vous pour la tempête. Le morceau est entêtant et construit avec quelques briques pop sacrée, new-wave et punk. Un mélange qui marche parfaitement tout au long de l’album avec des titres comme « Rise And Fall Of The Ottoman Empire » et « Le Chaos Des Esprits ». Ce dernier qui sonne à nos oreilles comme une réincarnation improbable d’Indochine. Je ne sais pas si c’est un compliment, mais en tout cas ce morceau est exceptionnel !

Pip Popopo la Pop !

En plus d’avoir une vision avant-gardiste (ou rétro-futuriste on ne sait plus trop) du rock, La Secte Du Futur sait composer de sublimes aventures pop. « First Men on The Moon » est d’une qualité évidente. Son air nous rentre dans la tête jusqu’à nous obséder. La faute à un rythme effréné, à des synthétiseurs hypnotisants et à un chant extra-terrestre désincarné. Les guitares s’incrustent sur le morceau avec une bravoure chevaleresque et rendent le titre musclé et aussi solide que du mithril.

Et là, d’un coup « Checkmate From The Sky » vient saupoudrer toute cette tambouille d’un rock/pop qui fait copain copain avec les Strokes (improbable). Les lueurs du soleil traversent les feuilles presque tombantes d’une forêt aux sorcières. Le riff de guitare bondis entre les troncs d’arbres pour venir se fracasser en bas d’une falaise sur la fin du morceau où tu redeviens brumeux et mystérieux.

Tout en assumant ses origines garage, La Secte Du Futur s’émancipe avec un album inespéré. Un album qui lie un univers fort et travaillé avec une musique jusque là quasiment jamais entendue. Vous voulez savoir quel est le style du groupe ? Écoutez cet album et vous pourrez parler de musique en disant : « Ah oui, un peu dans le style de La Secte Du Futur ». Wounded Princes est une révélation divine pour le rock français.

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