King Gizzard and The Lizard Wizard – Flying Microtonal Banana

Flying Microtonal Banana

Dans le rock garage il y a The Oh Sees, Ty Segal et les autres… King Gizzard and The Lizzard Wizard est pourtant en passe de devenir le troisième pilier du genre. Flying Microtonal Banana est le neuvième album du groupe australien. C’est également le premier d’une série de cinq opus prévus pour 2017. Chaque album ayant pour intention première d’expérimenter de nouvelles sonorités et de faire évoluer la musique du groupe. Un sorte de rite psychédélique auxquels nous allons être témoins tout au long de l’année.

Comme son nom l’indique, Flying Microtonal Banana met en avant l’utilisation d’instruments microtonals (microtonaux ?). Stu Mackenzie, homme à tout faire et leader du groupe, s’est en effet fait offrir une guitare modifiée, lui permettant alors de jouer sur des intervalles plus petits qu’un demi-ton. Des micro-intervalles que l’on retrouve surtout dans la musique arabe et indienne. Histoire de ne pas faire les choses à moité, le reste du groupe s’est équipé d’instruments pouvant jouer sur cette gamme et Flying Microtonal Banana est né.

Quand la curiosité rencontre le talent. 

Les considérations techniques désormais réglées, passons aux choses sérieuses : la musique. Autant dire que la musique lo-fi se marie à merveille avec les sonorités qui émanent des micro-tons offerts par les instruments du groupe. Il faut avouer que la qualité d’enregistrement parfois malheureusement trop pauvre de la musique orientale nous a déjà habitué à certain caractère do it yourself. Le mariage se fait donc naturellement. Le groupe joue le jeu jusqu’au bout en incorporant du zurna dans certaines de ses compositions. Il s’agit un instrument à vent très répandu dans les pays « musulmans ». Vous savez cet sorte de flûte qu’utilise les charmeurs de serpents dans les films.

Stu Mackenzie ne s’est pas reposé sur ses lauriers de valeur montante du garage international. Outre l’effet de surprise procuré par les instruments exotiques, l’album tient parfaitement la route. Il est même de très bonne facture et vient dépoussiérer la scène garage qui commence à tourner en rond. Le groupe nous charme tels des serpents grâce à des morceaux hypnotisants. « Melting » et « Nuclear Fusion » possèdent tous les deux une structure répétitive et magnétique qui à de quoi créer des spirales aux fond de nos yeux. Ce ne sont pourtant les titres les plus surprenants de l’album.

La naissance du microtonal rock ?  

Quand deux cultures se rencontrent, ça fait souvent des étincelles. Dès les premiers instants de l’album, le groupe met tout le monde d’accord avec « Rattlesnake ». Cet alliage de rock énervé et de musique à mille lieues de l’occident fonctionne à merveille et semble même assez inédit. Les sept australiens se lâchent encore plus sur « Open Water » qui file à cent à l’heure, sans aucun de répi. Nous plongeant alors dans une transe inconnue. King Gizzard se nourrit d’une musique bien trop méconnue dans nos contrées pour la remanier à sa sauce, tout en gardant sa singularité. Un tour de force assez incroyable qui s’effectue sous nos yeux ébahis.

Dans une veine et une sensibilité différente, Jonny Greenwood (Radiohead) s’était lui aussi intéressé à la musique orientale avec succès en 2015. King Gizzard ajoute lui aussi sa pierre à l’édifice et partage une nouvelle vision de cette musique. Flying Microtonal Banana est un album malin dans sa conception ainsi que dans ses compostions. On se prend très vite au jeu et n’avons qu’une envie : entendre les prochaines expérimentations du groupe.

La Note : 

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