Khruangbin : le cosy du dimanche.

Aujourd’hui on parle d’un groupe qui provient tout droit du Texas. Oubliez tout de suite les chapeaux de cowboy, le tabac à chiquer et les discours racistes car on va parler d’un groupe qui empreinte à la musique du monde entier : Khruangbin. Ce trio basé à Houston s’est fait remarquer en 2013 avec son apparition dans la compilation Late Night Tales du DJ et producteur anglais Bonobo. Avec sa musique aux accents d’Asie du sud-est, d’Amérique latine, du Moyen-Orient et de nombreuses autres régions du globe, le groupe explore les continents grâce un concept instrumental recherché. Pourtant, c’est avec une simple guitare/basse/batterie que Khruangbin s’exprime. Pas d’instruments traditionnels et pas d’appropriation culturelle maladroite, juste trois musiciens qui jouissent de leur expression musicale. Naît alors un intéressant crossover entre le funk américain, la bossa nova brésilienne, la pop turque et le jazz afro-cubain.

Super Cosy Land.

Con Todo El Mundo est le deuxième album de Khruangbin. Il succède à The Universe Smiles Upon You paru en 2015 qui avait déjà posé les bases de la musique du trio. Ce nouveau disque semble ralentir encore un peu plus le tempo. Il glisse ses pieds dans le sable chaud pour profiter du paysage. Au tel point qu’il représente à merveille l’état de feignantise dans lequel on se trouve un dimanche après-midi, encore en pyjama sur le canap’ à 16h. Le groupe a effectivement composé quelques hymnes à la paresse incontournables. « Cómo Me Quieres », « August 10 » ou encore « Cómo Te Quiero » accompagneront vos moments de flemme dominicaux à merveille.

Quant à lui, le groupe ne chôme pas. À première vue, sa musique parait simple et pas très alambiquée. Mais quand les choses paraissent trop simples, c’est qu’il se cache derrière tout ça un immense talent. Regardez Michael Jordan jouer au basket et ce sport va vous paraître simple et écoutez John Coltrane et le saxophone ne va pas vous paraître si difficile à apprivoiser. Khruangbin se retrouve un peu dans cette situation d’excellence aux apparences naturelles. Il est vrai que le groupe n’invente pas grand chose de neuf et que les musiciens ne sont pas les plus impressionnants que le monde ait porté. Pourtant, les arrangements, le mélange d’influence et l’ambiance qu’ils installent sur cet album relève d’un talent rare.

Funk me slowly.

Malgré le lent tempo adopté par le trio Texan, quelques morceaux arrivent à groover sobrement. C’est le cas de « Evan Finds the Third Room » et de son rythme disco/funk enfumé. On est alors propulsé dans un épisode de Funky Cops qui roule à deux à l’heure. Dans un style plus oriental, « Maria También » augmente également le pouls de l’album. Guitare endiablée, clavecin Morricionien et percussions haletantes ont de quoi nous rappeler que la Terre ne tourne pas au ralenti. C’est bien dommage.

Qu’est-ce qu’on est bien en écoutant ce disque. Ode à l’amour et à la paix, Con Todo El Mundo est à chaque écoute un moment de plaisir immédiat. Avec ses mélodies qui traversent les frontières, Khruangbin représente le cosy à la perfection. Le tout en s’éloignant des insupportables clichés qui s’accompagnent bien souvent du terme « World Music » (traduisez musique faite par des musiciens qui ne sont pas blancs). Ce disque est merveilleux, bien que très lent. Si vos récepteurs d’adrénaline sont bloqués par un étrange poison, que vous vous appelez Jason Statham et que vous jouez dans Hyper Tension, passez votre chemin. Sinon, venez prendre votre dose d’amour con todo el mundo.

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