Kamasi Washington – The Epic

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Le Jazz. Genre tout aussi rebutant qu’attirant pour les oreilles des jeunes esprits fougueux que nous sommes. Le Jazz ça fait peur, c’est comme ça. Saxophone, trompette, solo, technique, sans parler de tous les termes incompréhensibles que tout cela amène, le Jazz n’est pas un genre de musique très populaire. Souvent accaparé par une élite plus chiante que ta belle mère à un repas de famille, le Jazz a tendance à effrayer les âmes les plus sensibles. Mais ça c’était avant. Les jeunes artistes se sont approprié ce style pour en faire quelque-chose de nouveau, de beau, de sexy. BadBadNotGood en est un bel exemple: beaux, jeunes, inventifs, talentueux et pas snobs ! Le Jazz s’invite également de plus en plus dans le hip-hop moderne. Kendrick Lamar et Ghostface Killah ont tout deux prouvé que leur flow se mélangent parfaitement avec les compositions Jazz. Le style remplit même les salles de cinéma avec Whiplash de Damien Chazelle. Le Jazz est là et reprend petit à petit des couleurs. Le boss du « game » reste tout de même Flying Lotus qui, depuis plusieurs années, mélange musique électronique et Jazz pour un rendu spectaculaire et inédit. Neveu d’Alice Coltrane, elle-même épouse de John Fucking Coltrane, Flying Lotus est le Don Corleone du renouveau de la musique Jazz. C’est finalement tout naturellement que son label (Brainfeeder) accueil en son sein l’un des artistes les plus prometteurs de sa génération: Kamasi Washington. Saxophoniste californien, vous avez pu l’entendre sur You’re Dead de Flying Lotus (évidemment) ainsi que sur To Pimp A Butterfly de Kendrick Lamar. Washington n’est pourtant qu’un simple musicien de studio. C’est avant tout un compositeur et un chef d’orchestre de talent. C’est donc sans surprise qu’il réalise un mastodonte du Jazz avec son triple album: The Epic.

Gargantuesque

Trois heures de musique. Il y a de quoi faire fuir les moins endurcis. Ça parait même un poil mégalo sur les bords. Ce n’est pourtant pas trois heures intensives de Jazz gnangnan que nous amène Kamasi Washington. C’est trois heures de pur talent, une véritable démonstration. Chorale de 20 personnes, une trentaine de musiciens, le saxophoniste vise les sommets et parvient à les atteindre. Tout d’abord car il arrive à gérer un orchestre gigantesque mais surtout, il compose comme un chef. Les morceaux sont variés, ambitieux, maîtrisés et énergiques ! Oubliez le Jazz de papy, The Epic envoi du lourd. La batterie est d’ailleurs l’un des piliers de cette épopée musicale. Chaque frappe, chaque break a de quoi rendre jaloux tous les fans de Metal qui se tripotent sur chaque coup de double pédale. Pourtant, The Epic n’est pas du tout qu’une affaire de technique. Certes, chaque musicien maîtrise parfaitement son instrument mais, le nerf de la guerre se trouve dans la composition des morceaux en eux-mêmes. On se surprend à traverser des continents, à vivre des événements inattendus. On se surprend simplement à aimer le Jazz.

Un classique 

Je vous vois venir: « Il n’est pas en train de nous survendre ce disque ? ». Ce n’est pas faux, j’en fais un peu des tonnes mais, que voulez vous, j’ai adoré ce disque. En fait, j’ai plus apprécié la démarche que la musique. Il est vrai que je ne possède pas une grande culture Jazz et ce style a toujours eu du mal à passer pour moi. Pourtant, quand j’écoute The Epic, j’ai l’impression de vivre un moment historique. J’ai l’impression d’écouter un disque riche et inspirant. Washington prend le toro par les cornes et donne tout ce qu’il a. Il crie son amour pour la musique et le partage avec brio. Je ne sais pas si je vais écouter plus de musique Jazz après la découverte de ce disque car The Epic est tellement copieux et fastidieux qu’il se suffit à lui même. Kamasi Washington vient de sortir un classique du Jazz en 2015, c’est fort ! Alors certes, je ne suis pas un expert du Jazz, loin de là. Pourtant cet album m’ouvre un peu plus l’esprit et me fait comprendre que ce style regorge de facettes toutes aussi belles les unes que les autres.

Mon dieu que cet article est long. Il fallait bien ça pour partager cette découverte musicale. Pourtant, je ne suis pas totalement accro à cet album. Son aspect « classique » me freine un peu là ou Badbadnotgood et Flying Lotus m’envoient directement au septième ciel. Je ne peux que constater, les bras ballant, l’étendu du talent de Washington ainsi que l’influence qu’il va avoir dans les années qui vont suivre.

La Note: 

4

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