Grandaddy: Rock des bois…

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Dans ce nouveau dossier, nous allons nous intéresser de plus près à un groupe souvent oublié sur la scène alternative. Grandaddy en a étonné plus d’un le temps de quatre albums somptueux. Des mélodies imparables, des sonorités un peu cheap, une voix inoubliable. Autant de choses qui rendent ce groupe unique. Commençons aujourd’hui la grande histoire de Grandaddy.

C’est triste à dire mais, heureusement que le leader du groupe, Jason Lytle, se soit cassé le genou lors d’une session de skateboard (il était professionnel tout de même). C’est grâce à cet accident que mister Lytle s’est mis à composer de la musique, et dieu sait qu’on aurait loupé quelque chose. Il forme alors le groupe Grandaddy en 1992 avec deux amis de Modesto en Californie. Le groupe consiste en Jason Lytle (voix, guitare, synthétiseurs), Kevin Garcia (basse) et Aaron Burtch (batterie). Ils se construisent alors un petit home-studio dans le garage de la maison familiale de Lytle et y enregistrent leur première cassette « Complex Party Come Along Theories » en 1994. En 1995, le trio accueille d’autres membres pour faire évoluer leur musique, alors influencée par le punk rock. Jim Fairchild (un autre pro-skater) fait son arrivée à la guitare tandis que Tim Dryden s’occupera des claviers. Ce line-up restera inchangé. S’en suivra plusieurs sorties d’ep et de mini album plus ou moins confidentiels avant la sortie de leur premier album : « Under The Western Freeway ».

Under The Wester Freeway

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« Under The Western Freeway » est sorti en octobre 1997 chez Will Records (il sera par la suite racheté par V2 Records). L’album est acclamé par la critique et n’a pas de mal à trouver un public ébahi par l’univers du groupe. On commence à comparer le groupe à Weezer et même à Radiohead. La comparaison entre la voix fluette de Jason Lytle et celle de Neil Young est également abordée. Que de comparaisons flatteuses pour un premier album. Mais tout cela est largement mérité. Le groupe mélange des guitares fuzz avec des synthétiseurs aux sons très basiques pour nous livrer des mélodies inoubliables. « A.M. 180 » et « Summer Here Kids » furent les deux grands succès de cet album. Utilisées pour des génériques Tv, dans des films ou encore dans des pubs, le groupe commence à prendre du poids sur la scène rock indé. Le succès est aussi grandissant en Europe grâce au jingle de la radio BBC utilisant des titres de Grandaddy. Le groupe est alors programmé à plusieurs festivals européens comme le Reading Festival en 1998.

Cet album aura donc fait mouche. L’univers du groupe est assez particulier. Grandaddy parle de robots, de nature, de skateboard et d’après midi avec les copains. La thématique homme contre machine est malicieusement abordée par le groupe dans une atmosphère bucolique et innocente. Le groupe parle également d’écologie dans leur musique (Jason Lytle étant un grand amoureux des randonnées en plein air). Ce conflit homme machine peut même se retrouver dans la composition du groupe même, qui mélange les synthétiseurs et autres effets farfelus aux instruments organiques.

The Sophtware Slump

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Trois ans après leur premier album, Grandaddy sort en 2000 « The Sophtware Slump » (Le déclin des logiciels). « Sophtware » est volontairement mal ortographié par le groupe voulant faire référence au mot « Sophomore » (terme utilisé pour désigner la seconde oeuvre d’un artiste). Le groupe a également quitté Will records pour le label V2. L’album pousse encore plus la thématique de la société envahie par les technologies et connaît un grand succès. Le magazine anglais NME classe l’album comme étant le 34ème meilleur album de la décennie. The Independant met « The Sophtware Slump » et « Ok Computer » de Radiohead au même niveau. David Bowie commence d’ailleurs à suivre le groupe de plus près. Cet album est souvent vu comme le chef d’oeuvre de Grandaddy par les fans. Il faut avouer qu’il y a une énorme livraison de bons morceaux. L’album s’ouvre sur le long et enivrant « He’s simple, He’s dumb, He’s the pilot ». On trouvera également le tube « The Crystal Lake » sur la quatrième piste. « The Sophtware Slump » est un tournant pour le groupe. En effet, tout l’album a été enregistré par Jason Lytle dans une ferme perdue dans la campagne. Il y compose et enregistre tous les morceaux lui même. On pourrait donc qualifier cet album comme étant le vrai premier album solo de Jason Lytle. Mais, il aura bien besoin de ses compagnons pour faire face à des tournées de plus en plus fatiguantes. Il est vrai qu’après deux albums frôlants la perfection, le groupe est convoité dans une bonne partie des salles américaines et européennes.

Sumday 

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Le succès continue avec « Sumday », troisième album du groupe. Jason Lytle est toujours aux commandes et compose tous les morceaux mais, cette fois ci tous les musiciens du groupe sont crédités sur l’album. Pourtant, Lytle confirme que cet album est certainement le plus personnel jamais sorti par le groupe. On peut y retrouver des tubes comme « Now It’s On » ou encore « I »m On Standby ». Le succès critique et public est encore de mise. On commence à comparer le groupe à la musique de John Lennon. NME magazine (encore lui) ira jusqu’à dire qu’il s’agit d’un savant mélange entre Aphex Twin et Neil Young. Les compliments fusent une fois de plus, même si certains sont un peu plus réticents. Allmusic écrit que « Sumday » ne comble pas les attentes dues au raz de marré « The Sophtware Slump ». Le groupe reste fidèle à sa musique et va de balade rétro-futuriste à des morceaux pop entraînants. S’en suit une grande tournée mondiale, avec un marathon des festivals pendant l’été 2003. Jason Lytle vit de plus en plus mal ces longues tournées harassantes. Les membres du groupe commencent à devenir un peu moins proches.

Just Like The Flamby Cat

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« Just Like The Flamby Cat » est enregistré par Jason Lytle pendant 18 mois dans son studio à Modesto. Cette fois-ci, le groupe ne participe pas à l’enregistrement (à part Aaron Burtch qui joue la plupart des batteries). La conception fut très éprouvante pour Lytle. Il se fait larguer par sa copine, des amis à lui disparaissent, il perd sa maison, s’éloigne de plus en plus de sa famille et essaye de ne plus prendre de drogues. Jason Lytle n’avait donc pas trop le moral à l’enregistrement de cet album. On le ressent bien évidemment dans les morceaux qui sont beaucoup plus tristes et pessimistes que ceux sortis précédemment. Cela n’empêche pas l’album d’être ,encore une fois, acclamé par la critique. « Just Like The Flamby Cat » est encore plus triste quand le public apprend, le jour de sa sortie, qu’il s’agit du dernier album du groupe. (même si discographiquement, l’ep « Exerpts from The Diary Of Todd Zilla » est la dernière sortie du groupe).

Le groupe se sépare donc en 2006 et les membres partent sur différents projets. Jason Lytle continue son aventure en solo avec deux superbes albums et Grandaddy appartient désormais au passé.

2012: Nouvelle tournée

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 A la surprise générale, Grandaddy est programmé dans pas mal de festivals durant l’été 2012, ils passeront même par le festival Rock En Seine à Paris. Les admirateurs sont aux anges, le groupe n’a rien perdu de son alchimie et de sa proximité avec son public. Jason Lytle évoque même un nouvel album. Mais il ne souhaite pas faire de tournée et de promotion pour cette hypothétique sortie. Aujourd’hui, en 2014, toujours aucune nouvelle d’un nouveau Grandaddy, espérons que le projet n’ait pas été abandonné en cours de route. On a toujours les albums solo de Lytle pour se consoler.

Pour vous récompenser d’être allés jusqu’au bout de l’article, vous avez le droit à mon top 10 Grandaddy. Bonne écoute:

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