Énorme crochet du droit de J.C Sàtan. - Madafaka

Énorme crochet du droit de J.C Sàtan.

Réputé pour son jeu de scène, J.C Satàn continue ses efforts studio afin de faire transpirer notre système son. Déjà le cinquième album pour le groupe italiano-bordelais mené de mains de maîtres par Paula Scassa et Arthur Larregle. Autant dire que s’ils arrivent à nous convaincre une fois de plus, les girondins (mais pas que…) auront marqué l’histoire du rock français pour les années à venir. Deuxième disque de J.C Sàtan signé chez le désormais célèbre Born Bad Record (l’un des refuges de la musique indépendante de l’hexagone), Centaur Desire fait suite à l’excellent album éponyme du groupe sorti en 2015. Une fois de plus, on se prend une grosse mandale dans la mâchoire.

Faut dire qu’il n’y a pas si longtemps le groupe enregistrait et composait ses pistes de batterie numériquement. C’est moche… Cette fois-ci, finies les conneries. La vraie batterie de Romain Boutin est dans le mix, ça ne rigole plus !

Hey Josh, sors toi les doigts du cul. 

Si vous lisez les critiques presse qui englobent ce nouveau disque, vous verrez beaucoup (quasiment tout le temps) la comparaison avec les Queens Of The Stone Age se faire. On ne va pas déroger à la règle et on va même ajouter notre petit grain de sel. Finalement, ce comparatif n’a plus trop de sens. Queens Of The Stone Age a pris une direction plus pop/rock’n’roll avec leur dernier album : Villains. Alors que du côté de J.C Sàtan, même si quelques aventures pop surgissent de temps en temps, on n’hésite pas à péter des bouches avec du gros son bien crassou !

Centaur Desire se présente à nous avec une superbe et longue intro qui est une rampe de lancement parfaite pour « I Won’t Come Back ». On ne dira jamais assez, mais une bonne introduction d’album peut faire toute la différence sur l’appréciation d’un album. C’est ce qui nous prépare à l’esthétique et à l’énergie du disque. De l’énergie, Centaur Desire n’en manque pas. D’ailleurs, le morceau éponyme alterne les tempos et finit par créer un gros bordel saturé des plus jouissifs. Typiquement le genre de morceau qui donne envie de voir le groupe se produire sur scène. Ça tombe bien, c’est leur spécialité.

Mélodiquement badass.

Décrire la musique de J.C Sàtan uniquement par son énergie serait une grave erreur. Le groupe a bien plus de cordes à son arc. Que ce soit dans la brutalité ou la douceur, les bordelais disposent de mélodies aiguisées. Question brutalité, des titres comme « No Brain, No Shame » ou « Lies » ont de quoi nous faire bondir au plafond. En revanche, si notre humeur est moins vénère, on peut se pencher sur « The End », « Erika » ou « Liberia ». Si vous préférez les échappées psychédéliques penchez-vous sérieusement sur « Communication ».

Vous l’aurez compris, J.C Sàtan sait gérer l’effort et évite de se cramer la gueule trop tôt. Pas d’inquiétude, l’album est d’une cohérence impeccable. L’esthétique, se rapprochant du desert rock, ajoute une sérieuse et profonde note de piment à la musique du groupe. Faute à ces guitares acoustiques qui se cachent dans le mix des morceaux.

Bien connu de la scène rock indépendante française, J.C Sàtan confirme son statut de patron du rock/garage/stoner/mes couilles sur la commode. L’album est une réelle incitation à acheter une place de concert. À ce niveau-là, c’est presque de la propagande. Le plus fou dans tout ça, c’est qu’après cinq albums le groupe a encore des mâchoires à décrocher et des mandales à claquer brutalement sur nos joues.

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