Delawhere – Still Alive

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Rêveur et artiste accompli, Delawhere met au monde Still Alive. Un premier album qui nous fait traverser l’esprit songeur du jeune musicien rennais. Quelque part entre Nicolas Jaar et Luke Abbott, les ambiances poétiques et atmosphériques de Delawhere se nourrissent de quelques notes de piano reposantes. Une atmosphère électronique qui est donc influencée par la musique classique et qui pourrait très bien s’imposer comme une B.O. de film. Allons faire un tour dans l’univers onirique et envoûtant de Still Alive.

Les premières notes du reste de ta vie. 

La musique de Delawhere ne possède que le sens que l’on veut bien lui donner. Cet émouvant voyage introspectif s’ouvre avec la montée en puissance des nappes synthétiques de « Move On ». Une entrée en matière réussie. Le morceau commence timidement pour se terminer en apothéose. Il suffit donc d’un seul titre pour que Delawhere nous enivre et nous fasse participer à cette balade psychanalytique. Le Rennais nous prend même par les sentiments avec « No Way Out » et ses ressemblances avec « Truth Ray » de Thom Yorke. Le temps se suspend alors le temps de quelques minutes. On a alors le sentiment de voler au dessus d’une ville endormie, illuminée par de faibles lampadaires, laissant deviner les façades angoissantes de « Rave IV ». Un titre qui s’embrase dès son commencement grâce à une montée en puissance inquiétante. Suit alors des rythmes bidouillés et fourmillants. Une ténacité que l’on retrouve logiquement sur « Rave V ».

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Crédit photo : Gilles Pensart

Musique savante, musique parlante. 

Still Alive possède les mêmes qualités que Sirens, le dernier album de Nicolas Jaar. Delawhere met en musique sa vision du monde, sa sensibilité. Bien qu’à première vue froide et peu accueillante, cette façon de faire met en exergue l’aspect universel de la musique. Cela devient donc une clé précieuse pour entrer dans des questionnements et des contemplations que l’on se donne rarement le temps d’aborder. Still Alive s’apparente alors à une forme de vie fragile, dont le cœur ne bat qu’uniquement grâce à ceux qui se plongent corps et âmes dans cette méditation musicale.

Avec discrétion et talent, Delawhere sort donc un premier album déjà très riche et travaillé. Bien évidemment, il y a quelques balbutiements de ci de là, c’est le lot de tous les premiers albums. Cependant, l’artiste breton a laissé libre cours à sa créativité et se donne les moyens de ses ambitions. Quatuor à cordes, saxophone, piano, harpe et machines cohabitent naturellement les unes avec les autres, faisant preuve d’une sage furtivité. Delawhere n’en fait jamais trop, ne force rien. Le musicien crée, tout simplement. C’est donc sur les derniers accords de « Sky Turned Pink » que le voyage s’arrête. Espérons qu’il ne s’agisse que d’une hâlte et que Delawhere reviendra très vite avec de nouveaux projets.

La Note :
4

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