C’est Carambolage qui régale

Dans un monde parallèle, le groupe rock/garage Kaviar Special est né au début des années 80’s et s’appelle Carambolage. Ah, on me dit dans l’oreillette que tout ceci n’est pas un fantasme, mais bel et bien la réalité.

Né dans la tête de Rémi Peltier (batteur des Kaviar Special), Carambolage est un groupe de loubards. Ceux avec les blousons en cuir, les mobylettes et les jeans beaucoup trop serrés. Mais derrière cette carrure gaillarde il semble y avoir des bonhommes sensibles et romantiques. Ce premier Ep sorti en collaboration chez Azbin Records, Howlin’ Banana Records et Musique d’Apéritif est un flash-back dans un bar français sous Giscard. On raconte joue aux piliers de comptoir, on joue au billard et on fait la bagarre.

En français dans le texte.

Comme précisé plus haut, Carambolage est un projet mené par les rennais de Kaviar Special. Rémi Peltier troque sa batterie pour un micro et les inspirations sont plus punk à blagues que psychédélisme californien. Pour bien comprendre Carambolage, il faut connaître l’exploitation punk de la fin des années 70 en France. Un mouvement musical engendré par le célèbre « Ça Plane Pour Moi » de Plastic Bertrand.

Je suis né à l’aube des années 90, et j’ai découvert le phénomène de l’exploitation punk en écrivant cet article. En revanche le label Born Bad Records a sorti en 2017 une compilation dédiée à ce mouvement et il en parle bien mieux que moi.

 “Ça plane pour moi” ? Morceau débile, interprète bidon… le canular déferle sur le monde et en quelques mois, c’est plus d’un million de 45 tours vendus rien qu’en France. Et ce qui est incroyable, c’est que ce hit va engendrer des reprises à la chaîne, pour devenir (quelle ironie!) un hymne punk universel : vous en pensez ce que vous voulez, mais c’est vraiment le hold up du siècle ! 

Un tel magot va susciter, bien entendu, des convoitises et créer pas mal de vocations chez nos compatriotes. La dérision qui est la marque de fabrique de ce titre va enfin créer la passerelle qui manquait entre le Punk originel, trop violent et crado, et le grand public qui va pouvoir y aller de son petit pogo du samedi soir. L’humour, une fois de plus, devient en France le subterfuge miracle pour s’imposer auprès d’un public apeuré car si l’on n’aime pas trop le rock and roll en France, on adore depuis toujours la gaudriole. » – Texte du livret de la compilation Bingo du label Born Bad Records.

Carambolage semble donc rendre hommage à cette période improbable où copier du Plastic Bertrand était source d’inspiration et de motivation.

Exploitation Punk mais pas que…

Résumer Carambolage à la simple existence de l’exploitation punk serait assez malhonnête. Le groupe incorpore des notes de new-wave, de cold-wave et surtout de musique pop (au sens noble du terme) à ses compositions. On a parfois même l’impression d’écouter les premiers albums d’Indochine. Surtout sur « Gauche Droite » où les synthés viennent rythmer les refrains et la reverb refroidir l’ambiance.

Le groupe possède surtout un sens aiguisé des mélodies avec « 5 à 7 » qui se trouve être un hymne évident. Ce qui est la preuve indéniable d’un groupe qui s’amuse, sans trop se prendre la tête.

Carambolage est un groupe drôle sans être lourdingue. De l’amour naïf de « 5 à 7″ à l’imagerie sombre du clip de « Gauche Droite », tout porte à croire qu’il s’agit d’un groupe de loubards qui essayent de l’être. Alors qu’au font ce sont juste de jeunes adultes pommés. Ce premier Ep est une réussite en tous points de vue. Hommage, punk, synthés, attitude de loustics. Et puis merde, on s’éclate !

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