Blue Daisy – Darker Than Blue

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Blue Daisy (marguerite bleue d’après Google trad) n’a de joyeux que le nom. Bien loin sont les paisibles champs de pâquerettes, le londonien préfère nous embarquer vers des atmosphères sombres et tortueuses. Darker Than Blue est d’ailleurs un nom d’album évocateur de cette noirceur assumée. Bien qu’il soit originaire de Londres, Kwei Darko de son vrai nom, s’inscrit dans la ténébreuse tradition du trip-hop bristolien insufflée par Massive Attack, Tricky et toute la bande (Tricky avec il a collaboré sur Adrian Thaw). Vous n’êtes toujours pas convaincu ? Pour ce deuxième album, Blue Daisy s’est vu l’honneur d’être signé sur le mythique label belge R&S Records. Désormais délocalisé à Londres, le label a été l’un des acteurs majeurs de l’essor de la musique électronique alternative en signant des artistes aussi prestigieux que James Blake et Aphex Twin. Quoi ? Les grands noms ne font pas le prestige ? C’est pas faux… Voyons voir de plus près ce que vaut ce nouvel album.

Les abysses de la street

Chelsea Wolfe nous a récemment donné une très belle définition des abysses et c’est désormais au tour de Blue Daisy de nous livrer son point de vue. Moins violent mais tout aussi mystérieux et personnel, Kwei Darko nous emprisonne dans un hip-hop atmosphérique à l’ossature poreuse et enfumée. L’album sait en effet être doux et gracieux comme le prouvent des titres aussi forts que « Alone », « My Heart » et « Home ». On s’imagine alors écouter cet album tard le soir dans des rues polluées, éclairées par la seule lueur des lampadaires envahie de moustiques. On avance dans le noir et on ne distingue que d’angoissantes silhouettes aux allures menaçantes. « Heroine », « Six Days », « Darker Than Blue », « We’re All Gonna Die » sont des titres bien plus acerbes et inquiétants que ceux précédemment cités. L’artiste se livre et ne lésine pas à venir bousculer notre écoute, rendant celle-ci de plus en plus suprenante. « Gravediggers » vient mettre un point d’orgue à toute cette agressivité anxiogène en laissant les reines à une orchestration rock et percutante.

Tricky, c’est toi ? 

Il va bien falloir trouver un défaut à cet album. Aussi réussi soit-il, on pourrait lui reprocher son manque de contraste avec ce que pourrait faire Tricky. Le chant (ou le flow, c’est comme vous voulez) est incarné de manière très similaire. Même l’aspect rouillé et corrosif des instrumentations est très ressemblant. Néanmoins, Blue Daisy se démarque par ses abords plus « aquatique », dessinant alors des ambiances étouffantes. L’univers de cet album n’est effectivement que très peu terre à terre au profit de quelque chose de plus brumeux et psychédélique, tout en gardant la richesse du jazz et la puissance du rock.

Doucement mais surement, Blue Daisy pointe le bout de son nez sur la scène trip-hop internationale. Darker Than Blue est un album d’exception révélant l’entendu du potentiel de son créateur. Il s’agit là d’une des grandes surprises de la rentrée. Discret dans sa promotion, ce disque saura ravir les nostalgiques des grandes heures de la musique underground anglaise. Il ne fait aucun doute que Blue Daisy est un artiste qui va compter pour la musique alternative.

La Note:

4

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