Blanck Mass – World Eater

Benjamin John Power est le gringo qui se cache derrière les élucubrations sonores de Blanck Mass. C’est aussi la moitié du foutraque duo anglais Fuck Buttons. Son album précédent, Dumb Flesh, nous avait mis sur le cul. La musique de Blanck Mass creuse nos crânes à la petite cuillère, ambiance Bad Taste sur le bout de la langue. Le musicien est un vrai petit bricoleur. Il coupe, colle, triture, bidouille et pousse le son dans ses moindres retranchements. Ce nouvel album ne déroge pas à la règle et son écoute s’apparente à un match de boxe contre un titan russe de plus deux mètres. On se prend patate sur patate, sans rien trop comprendre, mais à la fin du match on est fier d’avoir pris part au combat, un grand sourire aux lèvres.

La boite à idée.

Bien que l’introduction soit relativement accueillante et courte (on soupçonne un sample de la voix de Thom Yorke *fap fap*), le reste de l’album varie entre rugosité et apaisement. Les morceaux sont certes, longs, parfois trop, mais fourmillent d’idées et de moments de grâce venant récompenser son écoute distordue. Mélange de métal, de drone, d’expérimental, le tout à la sauce électro, World Eater nous est craché au visage avec des gros glaviots de saturation.

Un peu de sagesse dans cet album de brute !

Blanck Mass a tout de même mis de l’eau dans son vin depuis Dumb Flesh. Moins dans l’urgence, ce nouvel album est bien plus calme que son prédécesseur. « Hive Mind » prend son temps pour raconter une histoire et installer un rythme qui va peu à peu s’emballer, jusqu’à avoir les poils qui s’hérissent et les yeux qui s’humidifient. Preuve irréfutable que le musicien anglais affine son art.

Après plusieurs écoutes, ce disque semble finalement être un album digne d’une B.O de film de genre. De quoi illustrer parfaitement un long métrage angoissant mettant en scène un toxico poursuivi par un serial killer. MAIS… malheureusement, la longueur des morceaux et l’effet de répétition ont tendance à faire tressaillir notre attention. Ce qui est à double tranchant. Soit notre cerveau fond littéralement (non sans plaisir), soit une effrayante perte d’intérêt se fait ressentir. Il faut dire qu’il y a des morceaux plus hard que d’autres…

La note :

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