At the Drive-In – in•ter a•li•a

C’était annoncé depuis plusieurs mois : At the Drive-In revient sur le devant de la scène avec un nouvel album, 17 années après l’exceptionnel Relationship Of Command. Un groupe qui se reforme, c’est rarement une bonne idée. Pourtant certains arrivent à retrouver leur gloire passée, Grandaddy en tête. Le cas At the Drive-in est pourtant totalement différent. Les deux hommes forts du groupe – Cedric Bixler Zavala (chant) et Omar Rodriguez-Lopez (guitare) – n’ont jamais cessé de collaborer depuis le split du groupe en 2001. Les deux comparses sont les deux facettes d’une même pièce. Une pièce qui a malheureusement tendance à sentir la rouille au fil des années. Rodriguez-Lopez a tendance à se perdre dans une multitude d’albums solo et la voix de Zavala commence à s’user. C’est donc empli de doutes que l’on s’attaque à in•ter a•li•a, ce fameux come-back album.

Sans Jim Ward. 

Mauvaise nouvelle. Jim Ward et ses cris mélodiquement enragés ne seront pas la partie. L’ancien guitariste rythmique ayant décidé de laisser ses petits copains s’amuser sans lui. Dommage car son énergie aurait pu amener in•ter a•li•a dans des strates supérieures. Quoi que l’énergie du groupe n’a pas tant bougé que ce que l’on pourrait croire. Ça envoie du gros son, Tony Hajjar se défonce derrière sa batterie et Zavala donne le meilleur de lui même. At the Drive-In y met du sien et se bagarre avec lui-même pour accoucher de ce quatrième album. Keeley Davis, remplaçant de Jim Ward, se fait quant à lui discret et laisse les membres historiques faire la tambouille qu’ils ont toujours su faire : du post-hardcore puissant et mélodique.

Quelques tubes et un point de côté. 

Le quintet d’El Paso est toujours capable de composer des tubes imparables. L’efficacité de « Incurably Innocent » nous ramènerait presque quelques années en arrière, à l’époque où le groupe était au top de sa forme. Ce n’est d’ailleurs pas le seul titre à rendre hommage au talent du groupe. « No Wolf Like The Present », « Governed by Contagious » et « Hostage Stamps » font partie du haut du panier. Bien qu’un peu maladroitement, le At the Drive-In arrive à calmer le jeu avec « Ghost-Tape No.9 ». De quoi reprendre son souffle au sein d’un album qui ne s’arrête jamais.

Bien qu’il ne dure que 41 minutes, le disque aurait mérité d’être beaucoup plus court. Les morceaux sont relativement courts et s’enchaînent sans réelle logique. Dans sa générosité, At the Drive-In a dilué son énergie légendaire. L’album n’est pas un gros flop pour autant. Les titres cités dans cet article sont excellents et prodiguent un petit frisson à chaque écoute. Personne ne croyait à un retour fracassant du groupe et ce n’est pas arrivé. in•ter a•li•a est simplement un bon album de rock, parfait pour se défouler mais loin de l’exigence d’un Relationship of Command.

La Note :

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