And So I Watch You from Afar – The Endless Shimmering

Deux années après leur album Heirs, les quatre loubards de And So I Watch You from Afar sont de retour avec The Endless Shimmering. L’occasion de remettre les oreilles dans leur rock instrumental puissant et futuriste. Depuis 2013 et la sortie de leur troisième album All Hail Bright Futures, les nord-irlandais font un sans faute et dominent haut la main le game du math-rock. Autant dire que ce nouvel album est attendu au tournant. Faire encore mieux que les albums précédents est une tâche ardue. C’est sans compter sur l’immense créativité du groupe.

Impossible de parler plus en profondeur de l’album sans évoquer sa pochette assez incroyable. Un gros big-up au photographe qui a réalisé ce cliché qui restera dans les mémoires. D’ailleurs l’histoire raconte que c’est un ami du batteur du groupe (Chris Wee) qui aurait immortalisé ce merveilleux moment de camaraderie entre sa fille et son chien. Sans le savoir, il venait de créer l’une des meilleures pochettes d’albums de l’année. Quoi que celle du dernier album de St.Vincent est également assez délirante…

Matte la taille de ces pecs !

The Endless Shimmering est très convaincant tout en étant quelque peu différent des anciennes productions du groupe. Plus agressif et musclé que ses prédécesseurs, ce cinquième album nous rappel que la plupart des groupes de math-rock ont toujours eu un pied dans le metal. Sans être aussi violent qu’un Meshuggah (faut pas déconner), les compositions de ce disque paraissent totalement acharnées. Se rapprochant sans déplaire des derniers albums de Three Trapped Tigers et The Physics House Band. « Three Triangles » ouvre l’album avec une ambiance de science-fiction démesurée accompagnée d’une maîtrise technique parfaite. S’en suit « A Slow Unfolding of Wings » et ses passages ambitieux, dotés de cœurs et d’effets en tout genre. On retrouve ce gigantisme tout au long des sept minutes de « Dying Giants ». Incroyable ce qu’on peut faire avec deux guitares, une basse et une batterie.

Un indice du bon goût de ces messieurs se trouve sur cette photo.

C’est pas la taille qui compte. 

Bien que plus viril qu’à l’accoutumé, And So I Watch You from Afar ne s’est pas transformé en musclor écervelé. Leur musique est irrémédiablement attirée vers des vagues plus tranquilles, comme on peut le constater avec le titre éponyme « The Endless Shimmering » ou encore « All I Need Is Space ». Ce dernier témoigne de l’insistante curiosité du groupe pour les étoiles. Des étoiles que le groupe fait briller grâce à la justesse de ses montées en puissance, à sa gestion de la tension et au génie de ses résolutions.

Écouter The Endless Shimmering c’est être happé par un autre monde. L’univers de And So I Watch You from Afar nous aspire sans jamais nous dépayser. Une autre perception du monde en quelque-sorte. Un truc jouissif et excitant ! À l’instar de 65daysofstatic, la musique du groupe pourrait illustrer à merveille un film ou un jeu-vidéo. Ça semble fou tant leur musique est riche, mais on a le sentiment que le groupe est encore capable d’aller plus loin.

C’est officiel : plus rien n’arrête And So I Watch You from Afar. Encore plus impressionnant que leurs précédents travaux, The Endless Shimmering est un album techniquement époustouflant. Le groupe ne se repose pourtant pas que sur ses nombreuses qualités techniques. Leur musique transmet de réelles sensations : héroïsme, contemplation, admiration, colère, amitié, voyage cosmique, nostalgie, peur, découverte, gloire…

La Note :

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