168 heures dans la discographie de Mastodon

The Hunter

Date de sortie : 27 septembre 2011

Label : Reprise Records et Roadrunner records (Warner)

Mea culpa : Dans la critique de Leviathan, j’avais tenu ces propos : « Un grand bravo à Paul Romano qui a réalisé les visuels de Mastodon jusqu’à Crack The Sky en 2009. Depuis, leurs pochettes d’albums sont de vrais désastres ». Premièrement il faut bien avouer que l’artwork de The Hunter a un sacré charme. La sculpture en son centre, Le Sad Demon Oath, est encore plus impressionnant en photo. Deuxièmement, la pochette de Crack The Skye n’est pas aussi belle que ça. 

The Hunter signe la fin d’une aire chez Mastodon. Fini les albums concept, les éléments, les morceaux à rallonge. Le groupe ravale sa salive et retourne à des ambitions bien plus raisonnables. Treize titres assez courts s’enchaînent à la vitesse de l’éclair. Le groupe y balance ses meilleurs riffs dans un effort de composition franc du collier. Pas de chichi, pas de voyage interstellaire et introspectif. Mastodon va cette fois-ci à l’essentiel, sans détours et embranchements. Est-ce une si bonne idée ?

L’album à tubes !

The Hunter est l’album le plus accrocheur du groupe. Les quatre comparses réunissent leurs divers horizons musicaux pour les assembler dans un seul et même panorama. En ce sens, ce cinquième album est une grande réussite car le panel musical de Mastodon est vaste. On est alors trimbalé entre les passages musclés et pop de « Blasteroids », la douceur de « The Sparrow », le divin de « The Hunter » et le stoner burné de « Curl of The Burl ».  C’est simple, ces quatre morceaux sont parmi les meilleurs du groupe.

« The Hunter » possède d’ailleurs toutes les caractéristiques du morceau assez troublant pour nous mettre sur le cul. On ressent clairement les inspirations prog tout en gardant une structure assez simple. Assez calme pour du Mastodon, le morceau délivre des émotions justes, sans jamais être dans la surenchère. En hommage au frère de Brent Hinds décédé pendant une partie de chasse, alors que le groupe était en studio pour enregistrer le disque, le titre du morceau (et de l’album) prend tout son sens. L’ÉNORME solo de Hinds à la fin du morceau est également l’un de ses meilleurs, tout comme sa voix qui semble plus concentrée sur ce morceau. De quoi faire de lui la rock star parfaite. Guitariste soliste de génie, alcool dans le sang, tatouage farfelu et capable de faire chialer quiconque sur un morceau.

Place à la franchise. 

Mastodon aborde une nouvelle philosophie : aller droit au but (comme l’Olympique de Marseille mais avec une plus grosse paire). Cette franchise est probablement la meilleure réaction après un album aux ambitions aussi élevées que celles Crack The Skye. À l’instar de « Stargasm » ou « Creature Lives » le groupe s’oriente vers une musique plus impactante mais toujours vêtue de mille parures. Les structures sont simplifiées sans rendre l’album ennuyeux. La diversité des morceaux rend même son écoute plus agréable que l’album précédent qui avait tendance à patauger dans la semoule.

The Hunter est efficace et intelligent. Il synthétise la musique de Mastodon dans 53 minutes de pur plaisir tout en expérimentant de nouvelles facettes. On a le sentiment que les quatre musiciens se sont fait plaisir à composer ce disque. Les riffs sont dantesques et les compositions très bonnes. Ça mérite amplement la note maximale.

>> La suite avec Once More ‘Round The Sun.

La note : 5/5 Brent Hinds.

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