168 heures dans la discographie de Mastodon

Blood Mountain

Date de sortie : 11 septembre 2006

Label : Reprise Records (Warner)

Blood Mountain signe un changement de label pour Mastodon. En contrat avec le label indépendant Relapse records depuis leur premier album, les quatre géorgiens font un tour du côté du mythique Reprise Records. Créé par Franck Sinatra, le label a vu passer du beau monde : Zappa, Stevie Nicks, Deftones, Neil Young et même Aznavour. Il appartient désormais à la Warner. Preuve que les majors savent encore dénicher des groupes de talent. On espère juste que l’équipe artistique du label ne va pas trop lisser les compositions du groupe. Reprise Records semble tout de même être un espace de création assez safe. Et puis merde, les mecs signent pas Mastodon pour nous faire du Justin Bieber.

Ce troisième disque à de quoi faire baver. Album concept inspiré d’ascension de montagne, de squelette de cristal et de Sasquatch magique, Blood Mountain représente lui aussi un élément naturel : la terre. Une belle brigade de guest est également invitée pour sublimer le tout. Josh Homme (Queens Of The Stone Age), Ikey Owens et Cedric Bixler-Zavala (Mars Volta) et une fois n’est pas coutume Scott Kelly (Neurosis) vient porter main forte au chant. Bref, sur le papier tout fait rêver.

L’équilibre parfait.

Mastodon à trouvé un équilibre quasiment parfait. Brent Hinds joue encore plus le jeu que sur l’album précédent et assume pleinement sa voix aiguë et mélodique. De quoi contraster avec les parties vocales écorchées de Troy Sanders et ainsi leur donner plus d’impact. L’écoute de l’album en est que plus surprenante et agréable. Surtout que le groupe délivre une fois de plus de riches compositions. « Colony of Birchmen »« Circle of Cysquatch » et « Crystal Skull » forment un trio qui sort largement du lot.

Les riffs sont imparables et la batterie de Brann Dailor davantage mise en avant qu’auparavant. On profite enfin de tout le potentiel de ce frappeur de fûts rigoureux et athlétique. Il semble d’ailleurs qu’il pousse la chansonnette sur « This Mortal Soil » (Envoyer vos plus belles photos de hate si je raconte des bêtises). Les arrangements sur sa voix font très fortement penser à du Roger Waters. Ça tombe bien, ou presque, le morceau à ce petit quelque chose de rock 70’s (mais pas grand chose avec Pink Floyd). On le soupçonne aussi de chanter sur d’autres morceaux, « Siberian Divide » en l’occurrence. C’est vraiment le bordel au niveau chant dans ce groupe… (Erratum : l’équipe du site Granny Smith confirme qu’il s’agit bien de Troy Sanders derrière le micro pour ce morceau. Merci à eux !)

La sagesse pointe le bout de son nez.

Leviathan possédait une première partie d’album à couper le souffle à un tel point qu’on finissait vite par étouffer. Blood Mountain corrige ce défaut en étant beaucoup plus homogène. Bien que le groupe soit encore très tête brûlée – c’est pour ça qu’on les aime – leurs compositions ont tendance à s’assagir et à s’assouplir.

Après avoir tenté à maintes reprises d’afficher ses influences rock progressif, Mastodon réussit enfin à construire des morceaux taillés pour les fines bouches. Blood Mountain n’a pas besoin de morceaux de treize minutes pour nous transporter loin de notre contexte d’écoute. Le quatuor parvient à composer de copieux morceaux en à peine plus de cinq minutes. Le prog s’associe au bourrin pour mettre en avant tous les atouts techniques des musiciens.

Slow down cowboy.

Mastodon est presque plus intéressant quand il « baisse le tempo » (parenthèse avec les doigts) et qu’il met les pieds dans des univers plus mélancoliques. Les trois deniers titres de l’album viennent conclure cette ascension épique avec soulagement et folie. Les passages avec Cedric Bixler-Zavala sur « Siberian Divide », bien que succincts, participent grandement à cette sensation de malaise et de perte de contrôle de soi qui opère pendant tout l’album. « Pendulous Skin » est la cerise sur le gâteau d’un album déjà très satisfaisant. Ce blues aux confins de la dépression est absolument magnifique et prouve que les quatre zigotos savent faire autre chose que du gros riff qui tache.

Blood Mountain est l’album que Mastodon devait sortir au moment où ils l’ont sorti. Là où Leviathan corrigeait les défauts de Remission,  ce troisième album corrige ceux de Leviathan. Le groupe ne cesse de progresser, ce qui donne un bel espoir pour l’album suivant. Blood Mountain est pour le moment l’album le plus équilibré du groupe, la production est toujours au top et les musiciens au top de leur forme. Petit bémol sur la basse de Troy Sanders qui n’est pas très entreprenante. Ne nous mettons pas des œillères, Blound Mountain est un putain d’album.

>> La suite avec Crack The Skye.

La note : 5/5 Brent Hinds.

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