168 heures dans la discographie de Mastodon

Leviathan

Date de sortie : 31 août 2004

Label : Relapse Records

Après un petit tour sur la toile, difficile de ne pas se rendre compte que tout le monde est unanime à propos de Leviathan. En partie inspiré de Moby Dick, célèbre roman de l’écrivain américain Herman Melville, ce deuxième album s’annonce aussi grandiose que l’immense et destructrice baleine blanche qui sublime l’artwork. Un grand bravo à Paul Romano qui a réalisé les visuels de Mastodon jusqu’à Crack The Sky en 2009. Depuis, leurs pochettes d’albums sont de vrais désastres.

Reconnu par les fans comme l’album qui a fait connaître le groupe, Leviathan a tout l’air de ce fameux deuxième album qui règle les problèmes du premier tout en poussant le bouchon un peu plus loin. Awardé par plusieurs magazines spécialisés, l’album a de quoi mettre l’eau à la bouche. C’est le cas de le dire, car contrairement à son prédécesseur, Leviathan est un album représentant l’eau en tant qu’élément.

Brent Hinds entre dans la danse.

Bien qu’assurant les chœurs, Brent Hinds (guitare) n’avait encore jamais réellement poussé la chansonnette avec Mastodon. C’est désormais chose faite. Sa voix plus aiguë fait le job dans les parties claires. Ce qui manquait cruellement au premier album du groupe.  Son chant clair n’a rien de bien affolant mais est pourtant facilement reconnaissable et vient donner une nouvelle couleur à la musique du quatuor. « Seabeast », outre le fait d’être un morceau plus que correct, alterne entre la voix de Hinds et Sanders. De quoi venir donner quelques élans plus pop à des compositions vigoureuses et robustes.

Bien que Hinds vienne adoucir cette tambouille, Mastodon reste une solide armurerie de riff et de badasserie. Leviathan s’ouvre sur le quasi-viking « Blood and Thunder » où l’on retrouve un Troy Sanders en chef de drakkar accompagné d’un Brent Hinds poussant des cris presque aussi aiguë que ceux d’une truie. Il faudra attendre « Naked Burn », soit cinq morceaux plus tard, pour entendre le groupe calmer un peu le jeu. C’est l’une des grandes qualités du groupe : savoir nous prendre par la gorge, sans jamais nous donner envie de partir. La première partie de l’album est une tempête que seules quelques inspirations prog sauront l’arrêter.

In prog we trust. 

Remission, n’allait pas au bout de ses intentions et c’était du sacré gâchis. Cette fois-ci, Mastodon joue le jeu à fond et oriente la fin de son album vers des eaux progressives aux structures plus complexes à naviguer. Avec ses 13 longues minutes, « Hearts Alive » laisse beaucoup de place aux musiciens pour s’exprimer. Brann Dailor nuance un peu plus son jeu de batterie, Troy Sanders astique un plus son manche (pardon) et les deux guitaristes font mumuse avec des guitares folk. Tout s’enchaîne parfaitement et les arrangements sont excellents (sauf celui de la septième minute qui est vraiment moyen). La structure du morceau nous trimbale d’un courant à un autre, jusqu’au moment où l’on tombe sur ce sublime pont où les deux guitares s’harmonisent d’une seule et même voix pour donner naissance à un moment d’exception.

C’est pourtant « Naked Burn » qui remporte la palme du coup de cœur. Moins profond que « Hearts Alive », ce titre a tout de même le mérite de varier les plaisirs en à peine quatre minutes. Il est d’ailleurs assez représentatif de la musique du groupe sur ce disque. Chant clair et mélodies plus assumées, passages progressifs et grosses déflagrations dans la tronche.

Leviathan corrige bel et bien les lacunes du premier album. Cependant, difficile de savoir si son écoute est plus engageante et plaisante. La première partie de l’album est très bien exécutée, mais aurait très probablement mérité d’être un peu plus aérée. La tracklist de l’album ne met pas tous les morceaux en valeur. La première partie de l’album est un torrent de saturations alors que la deuxième est plus apaisée, quoi que tout aussi fourbe. Comme si le groupe avait intentionnellement fait couler notre navire pour venir nous secourir à la dernière minute et ainsi récolter les lauriers. Ah, mais… #albumconcept

>> La suite avec Blood Mountain.

La note : 4/5 Brent Hinds.

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