168 heures dans la discographie de Mastodon

Remission

Date de sortie : 28 mai 2002

Label : Relapse Records

Quoi de plus important pour se mettre le pied à l’étrier qu’un premier album, d’autant plus quand il y a un cheval sur la pochette de l’album. Censé représenter l’élément du feu, Remission est surtout un album exutoire pour Brann Dailor (batterie), qui fait le deuil de sa sœur suicidé alors qu’elle avait quatorze ans. Une tragédie qui est arrivée dans l’adolescence du batteur et qui le hantait depuis. Mon petit tour sur la page Wikipedia de l’album m’a d’ailleurs beaucoup ému. On y retrouve un extrait d’un interview de Dailor pour le magazine Lollipop :

« Ma sœur s’est suicidée lorsque j’avais quinze ans (elle en avait quatorze)… Je n’ai jamais réussi à mettre cela quelque part. Toute la douleur que je transportais, le fait de la perdre, c’était toujours là. Avec Today Is The Day [mon ancien groupe], je mettais toute ma colère dans mon jeu, mais ensuite, je n’ai plus voulu être en colère de nouveau. Lorsque j’ai commencé à jouer avec Mastodon et que j’ai déménagé à Atlanta, ç’a été une grande guérison personnelle. Mastodon a beaucoup à voir avec ça. C’est l’une des raisons pour lesquelles cet album s’appelle Remission, cela signifie pardon et guérison. Mastodon m’a aidé à oublier beaucoup des choses qui me sont arrivées dans la vie. »

Cette citation semble être assez représentative de ce que représente Mastodon pour ses membres. Une histoire d’amitié et de fraternité. Un psychologue grandeur metal.

 Une petite branlée. 

Remission m’a directement pris par les sentiments en ouvrant l’album sur le cri du T-Rex de Jurassic Park. Je pourrais limite m’arrêter ici et dire qu’il s’agit du meilleur album du monde. Mais ma passion pour le film de Steven Spielberg na va pas prendre le dessus pour cette fois.

On va pas y aller par quatre chemins, le son de Mastodon est une grosse mandale dans la gueule. Pas une mandale de mec bourré en fin soirée, mais une mandale intellectualisée à la Fight Club. Le son du quatuor est massif et raffiné. Deux adjectifs qui ont pour habitude de s’opposer, mais pas avec Mastodon. La justesse et l’énergie de ce premier disque est assez bluffante. Là où beaucoup de groupes tentent d’en faire trop pour épater la galerie, Mastodon s’impose déjà comme un groupe à l’univers bien réfléchi et à la musique maîtrisée.

Du côté de chez prog. 

« Mother Puncher », « Crusher Destroyer », « Where The Strides » ou encore « Burning Man » font de Remission un album brutal. Ces morceaux sont impressionnants de fermeté et d’ardeur. Un blockhaus sonore taillé par la voix de Troy Sanders, seul derrière le micro pour ce premier disque. Son chant crié, très typé metal, est probablement l’élément le moins impressionnant de l’album. Le gugus ne prend pas le risque de chanter en chant clair, ce qui a logiquement tendance à me faire croire qu’il n’est pas à l’aise avec cette technique. Dommage car les morceaux plus progressifs auraient peut être gagnés en ampleur avec une voix pour les accompagner.

Les morceaux aux structures plus complexes sont eux aussi très intéressants. Le travail d’harmonie sur les guitares est excellent, tout comme les solos de Brent Hinds. Un petit coup de cœur pour « Ol’e Nessie » qui mélange parfaitement les deux facettes du groupe. Avec son petit arrière goût de Gojira, il nous transporte dans un univers aux paysages multiples. Les transitions manquent peut-être un poil de finesse, mais c’est vraiment du chipotage.

L’ensemble du disque est très bon. Aucun morceau n’est à jeter. Pourtant on a l’étrange sensation d’écouter un album qui ne va pas au bout de ses idées. Les passages plus calmes semblent avoir été laissés à l’abandon d’une petite ligne de chant qui aurait pu les sublimer. Remission pose tout de même de solides fondations pour que Mastodon continue son petit bonhomme de chemin.

>> La suite avec Leviathan (page 3).

La note : 4/5 Brent Hinds.

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